2017 French Articles

Tout ce qu’il faut pour réussir

La jeunesse canadienne se découvre une passion pour les métiers spécialisés.

Dès le coup d’envoi des Olympiades canadiennes des métiers et des technologies qui ont déferlé sur Winnipeg du 31 mai au 3 juin 2017, le Centre des congrès RBC bourdonnait d’activité. Cinq cent cinquante jeunes de talent des quatre coins du Canada se préparaient à s’affronter dans le cadre de concours liés à six domaines de formation professionnelle et technique : la construction, les technologies de l’information, la fabrication, l’emploi, le génie, le transport et les services. Des représentants de l’industrie étaient aussi sur place pour discuter des possibilités et défis propres à leurs domaines respectifs. Fondé en 1989, Compétences/Skills Canada est un organisme national sans but lucratif établi à Ottawa. De concert avec les employeurs, les éducateurs, les syndicats et les gouvernements, il fait la promotion des carrières dans les métiers et technologies auprès des jeunes Canadiens. Fort de partenaires des secteurs public et privé, l’organisme aide à combler les besoins futurs du Canada en main-d’œuvre qualifiée, tout en permettant aux jeunes de découvrir et de poursuivre des carrières enrichissantes. Une formule gagnante sur toute la ligne!            

Chaque année, les Olympiades de Compétences/Skills Canada permettent aux jeunes Canadiens et Canadiennes qui étudient un métier de se mesurer à leurs pairs et d’apprendre les uns des autres par la même occasion. Selon des données récentes de Statistique Canada, 50 % du produit intérieur brut canadien dépend des technologies et métiers spécialisés. Et pourtant, de nombreux jeunes ne disposent toujours pas de l’information qui les aiderait à prendre des décisions éclairées sur leur avenir professionnel. Les Olympiades ont pour objectif de corriger ce problème en fournissant de l’information aux participants et en les encourageant à exceller dans leur métier ou technologie de prédilection. Chacun des 43 concours est conçu et jugé par un comité technique national composé d’experts provenant de différentes régions. Unique en son genre au Canada, la compétition rassemble des élèves et des apprentis pour faire connaître plus de 40 métiers et technologies. Des élèves de partout au Manitoba sont arrivés en autobus ou par avion pour voir plus de 550 participants et participantes de différentes régions du pays se disputer l’or, l’argent et le bronze dans leurs domaines respectifs.

Les enseignants et conseillers en orientation qui assistent aux concours se demandent souvent comment aider leurs propres élèves à choisir un métier ou une technologie qui leur permettra un jour de suivre les traces de ces concurrents de haut niveau. Quelles qualités, tant acquises qu’innées, faut-il posséder pour réussir? Les éducateurs de partout au pays ne demandent qu’à aider les jeunes à trouver leur voie. Or, il est intéressant de savoir que les qualités qui mènent à la réussite – exposées dans le présent article – sont essentiellement les mêmes d’un métier à l’autre. Bien qu’il n’existe aucune formule miracle pour atteindre l’excellence, certaines compétences et qualités innées gagnent à être exploitées. Les 50 activités pratiques et interactives Essaie un métier et une technologieMC permettent aux élèves spectateurs d’explorer leurs habiletés, voire de découvrir leur passion. Les enseignants, conseillers en orientation, administrateurs et parents peuvent quant à eux assister au Forum sur les compétences essentielles pour en apprendre plus sur les compétences essentielles à la réussite, communes à tous les milieux de travail : le calcul, les compétences numériques, l’utilisation de documents, la lecture, le travail d’équipe, les capacités de raisonnement, la communication orale, la rédaction et la formation continue.

J’étais arrivée aux Olympiades en quête d’une espèce de formule qui permettrait aux éducateurs de déterminer si un étudiant était fait pour les métiers et technologies, mais une entrevue avec John Oates, président de Compétences/Skills Canada m’a fait changer de cap. John est un champion de longue date des métiers spécialisés. Il réclame aussi depuis longtemps une augmentation de la formation dans ces domaines. Interrogé sur les éventuelles qualités innées communes à tous les concurrents, il répond : « Ils doivent à la fois avoir un intérêt et être passionnés pour le métier qu’ils ont choisi. » Il ajoute : « Aujourd’hui, tous les employeurs, peu importe dans quel domaine, cherchent des gens qui savent bien communiquer. »

Le marché de l’emploi actuel a de plus en plus besoin de gens capables de maîtriser les technologies complexes qui leur serviront à résoudre les problèmes à mesure qu’ils se présentent. « Les employeurs cherchent des étudiants qui sont forts à l’école », explique John. Du côté des métiers, on cherche des apprentis qui ont de fortes aptitudes kinesthésiques. « Avant, ce sont les étudiants faibles qu’on orientait vers les métiers, mais ça ne correspond plus à la réalité du marché du travail », précise-t-il. Des compétences non techniques comme le leadership, la souplesse, le raisonnement critique et la résolution de conflits sont aussi très recherchées. La demande en travailleurs spécialisés, déjà très forte, atteindra son point culminant entre 2020 et 2025, alors que se multiplieront les départs à la retraite.

John recommande aux conseillers en orientation et aux autres éducateurs de communiquer avec les bureaux de Compétences/Skills Canada de leur province pour plus d’information, et aussi de suivre une formation pour se familiariser avec la myriade de possibilités de carrière moins connues qui s’offre à leurs étudiants. John est convaincu que cette connaissance leur serait d’une aide incroyable. Autre possibilité à explorer : une présentation de Compétences/Skills Canada pour informer les élèves du secondaire des nombreux programmes de formation disponibles. On trouvera plus d’information sur ces présentations sur le site skillscanada.com.

Lors des Olympiades de 2016 à Moncton (Nouveau-Brunswick), les participants au Forum sur les compétences essentielles, dont plusieurs anciens de Compétences/Skills Canada (SCC) des quatre coins du Canada, se sont rassemblés pour discuter des activités de l’organisme. Dans la foulée de leurs discussions, et en partie pour souligner le 150e anniversaire de la Confédération canadienne, ils ont recommandé la création d’un programme national d’anciens. Compétences/Skills Canada, en partenariat avec ses organisations membres, a sélectionné une quarantaine de « champions » ayant déjà participé à des activités et concours provinciaux, territoriaux, nationaux et même, dans certains cas, internationaux. Ces personnes sont en quelque sorte les ambassadeurs du programme. Le personnel de communication de Compétences/Skills Canada a recommandé qu’on fasse des entrevues avec quatre anciens, chacun représentant un secteur distinct : les technologies, les services, la fabrication et la construction. La spécialiste des communications Michele Rogerson s’est gentiment occupée d’organiser les entrevues.

L’exemple d’Aimee Yurris démontre à merveille comment un premier pas guidé par de bons conseils et soutenu par la créativité, l’intelligence et l’ambition peut entraîner un élève dans une voie insoupçonnée. Aimee vient de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. Pendant qu’elle était au secondaire, elle a rempli un trou dans son horaire en choisissant, par un heureux hasard, le programme culinaire. « J’ai choisi ça au hasard, mais je me suis découvert une passion pour la pâtisserie », confie-elle. La jeune femme s’est ensuite jointe à un club de pâtisserie parascolaire qui lui a donné la possibilité de participer aux concours de Compétences/Skills Canada. En neuvième année, elle a remporté la médaille d’argent au concours des Territoires du Nord-Ouest. C’est là qu’elle a pensé : « C’est peut-être ça que je veux faire de ma vie. » L’année suivante, elle s’est réinscrite au club et a remporté l’or au même concours avec une tarte au citron meringuée, un gâteau éponge à la vanille et des choux à la crème. Elle avait attrapé la piqûre.

Aimee a reçu beaucoup d’encouragements de la part de sa mère et d’Arnold Krause, son conseiller en orientation. Bonne élève, elle a reçu son diplôme de l’école secondaire John Franklin de Yellowknife avant de s’inscrire au programme d’art culinaire du Northern Alberta Institute of Technology (NAIT), qu’elle a terminé en 2016. Aimee étudie maintenant en santé publique et autochtone à l’Université de Lethbridge. Elle aimerait retourner travailler dans le Nord. Le secret de la réussite selon elle? « Du courage, de la passion et beaucoup, beaucoup de pratique », déclare Aimee, qui manifestement ne manque pas de ces trois choses.

Leanne Bentley, la monitrice du concours de pâtisserie, n’hésite pas lorsqu’on lui demande quelles sont les qualités innées ou acquises nécessaires pour réussir dans ce domaine : l’entraînement, la passion, le sens de l’organisation, la créativité et le talent. Elle ajoute que les meilleurs étudiants ont de bonnes aptitudes kinesthésiques, une belle attitude et le souci constant de la sécurité dans la cuisine. Tout comme John Oates, Leanne insiste sur l’importance des compétences non techniques, surtout la communication.

Ian Cook, un autre ancien de Compétences/Skills Canada, est apprenti tôlier, métier au service duquel il met sa passion, sa créativité et ses compétences. Il a choisi ce domaine pour le grand nombre de débouchés qu’il offre. Les tôliers et tôlières conçoivent, fabriquent, assemblent, installent et réparent le métal en feuille. Ian a commencé à participer aux compétitions professionnelles locales à l’école secondaire. En plus du dessin et du croquis, il aime fabriquer ses propres créations, comme ce petit wagon couvert en cuivre qui était exposé lors des Olympiades. Ian vient du milieu agricole albertain. Celui qui se destinait à l’architecture fait de la tôlerie depuis l’âge de 12 ans.

Au secondaire, il a rencontré Andrew Krul, le coordonnateur hors campus du programme de formation des apprentis inscrits. Andrew l’ayant convaincu de choisir un métier spécialisé, Ian s’est inscrit au programme et a décuplé ses compétences. Il a notamment appris à souder et s’est familiarisé avec les méthodes de contrôle et de fabrication. Chaque personne a sa propre perspective, croit Ian, et ce sont ces différences qui stimulent notre intérêt et nous aident à apprendre. Le moniteur du concours de tôlerie aux Olympiades avait une idée claire de ce qu’il faut pour réussir dans ce domaine : du talent, de la passion, une bonne éthique de travail et de la détermination. Selon lui, de 15 à 18 pour cent des étudiants abandonnent le programme pendant la première année. Avant de devenir apprentis, les jeunes doivent passer un examen final. Ian voit l’avenir avec enthousiasme et se plaît déjà beaucoup à travailler chez Whisper Heating, une petite entreprise florissante.

Anastasia Cook était un peu perdue au secondaire, jusqu’à ce qu’un enseignant qui avait remarqué qu’elle aimait le dessin et les ordinateurs lui présente une tablette à stylet. Ce petit appareil, qu’on appelle aussi « tablette graphique », est surtout utilisé en infographie. La surface tactile en plastique transmet les mouvements du stylet à un ordinateur. Pour Anastasia, ce fut le coup de foudre. Elle passait tous ses dîners et ses temps libres à s’exercer sur la tablette. Elle a notamment appris à créer des animations 2D et 3D à partir d’images plates. Au mois d’août 2017, elle obtiendra son diplôme du Collège Da Vinci à Halifax et entend faire carrière en animation.

Selon Anastasia, ses compétences lui ouvrent des emplois dans l’industrie du jeu vidéo, l’armée, la publicité ou la manipulation d’images. Ses deux années comme concurrente aux concours de Compétences/Skills Canada lui ont permis de prendre beaucoup d’assurance. Elle a remporté la médaille d’or à l’échelle de la province, puis la médaille de bronze à Toronto dans sa catégorie. « Les concours, c’est stressant, mais il ne faut pas lâcher, souligne-elle, parce qu’après, on ressent un grand soulagement et une grande fierté. J’essaie de frayer un chemin pour les jeunes femmes dans mon domaine. J’interagis avec elles en ligne. » Elle est reconnaissante du soutien de son professeur, de son copain et de sa communauté. Elle aimerait un jour ouvrir son propre studio et créer des jeux vidéo. Il y a fort à parier qu’elle y parviendra.

Jason Harnum se démarquera toujours des autres. Brillant, déterminé et d’une sagesse peu commune à son âge (24 ans) il entre dans la salle d’entrevue d’un pas assuré. Jason vient de Conception Bay South à Terre-Neuve. Présentement apprenti mécanicien de machinerie lourde, il rêve d’être un jour superviseur de l’entretien d’une flotte, chef d’équipe en atelier ou formateur. Il a toujours eu une grande soif d’apprendre. C’est un enseignant, Greg Ryan, qui lui avait parlé de Compétences/Skills Canada à l’époque de ses études au College of the North Atlantic. John a commencé tôt à s’intéresser à la mécanique et à faire des réparations. Il vient d’une famille de pêcheur et, plus jeune, prenait déjà plaisir à réparer des moteurs de bateau avec son père. Jason est particulièrement fier d’avoir construit son propre bateau à partir de zéro. Après son secondaire, il a fait quatre ans au Marine Institute de St. John’s, où il a obtenu son diplôme avec d’excellentes notes.

Pour réussir dans son domaine, prétend-il, « Il faut avoir une excellente éthique de travail, maîtriser la technologie, qui est maintenant un aspect central de la mécanique de machinerie lourde, porter une attention constante aux questions de sécurité et avoir la détermination nécessaire pour faire un stage très exigeant. » Les participants au concours de mécanique de machinerie lourde doivent être inscrits à un programme de formation des apprentis. Celui de Jason comprend deux mois de cours suivis de six mois de stage, cycle répété six fois en quatre ans. Jason en est maintenant à son cinquième cycle. Ce qu’il conseille? « Restez humble, n’ayez pas peur d’apprendre quelque chose de nouveau et d’essayer de nouvelles façons de faire. » Pour ma part, je ne doute pas qu’il réalisera tous ses objectifs et ses rêves. Plutôt qu’une formule infaillible permettant d’apparier un ensemble de compétences à un métier, les entrevues ont fait ressortir l’importance, pour chaque élève, de trouver son talent et sa passion. Les histoires présentées ici mettent aussi en relief le rôle crucial que jouent les adultes attentionnés qui guident les élèves et les encouragent à trouver leur voie. Compétences/Skills Canada a été un atout très précieux dans le cheminement des jeunes présentés dans cet article, qui ne sont que quatre exemples parmi tous les élèves qui participent chaque année aux concours dans l’espoir de se démarquer. En créant des occasions aussi enrichissantes pour les jeunes qui se cherchent un avenir, Compétences/Skills Canada rend de fiers services à notre pays.

Par : Alison Zenisek

All photos Courtesy of Skills Compétences Canada

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