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Services d’orientation dans les écoles secondaires canadiennes : état des lieux

Les élèves des écoles secondaires canadiennes n’ont jamais subi autant de facteurs de stress. L’exploitation et l’intimidation sur les réseaux sociaux, l’accès à la drogue et à l’alcool, les problèmes de santé mentale et différents facteurs socioéconomiques – chômage, divorce, violence – s’observent presque partout, toutes régions confondues, et donnent du fil à retordre aux éducateurs comme aux élèves.

Les conseillers d’orientation des écoles secondaires sont en première ligne du combat pour la création de milieux d’apprentissage sûrs et inclusifs pour tous les élèves, combat qui – aux dires de certains – serait de plus en plus ardu.

Erin Luong travaille comme conseillère d’orientation et professeure d’éducation à la santé mentale au conseil scolaire catholique de Calgary. C’est également la présidente désignée du conseil des conseillers d’orientation de l’association albertaine des enseignants. Conseillère d’orientation depuis 14 ans, elle a œuvré à tous les niveaux, de la maternelle à la 12e année, mais surtout au secondaire. Son travail exceptionnel lui a d’ailleurs valu le prix Murray-Jampolsky (2016) de l’association albertaine des enseignants.

Elle considère que ses principaux rôles consistent à aider les élèves à faire leurs choix de cours au secondaire et au postsecondaire, à les informer des bourses offertes, à offrir du counseling individuel et de groupe en période de crise, à coordonner les services scolaires et communautaires d’éducation, de santé physique et mentale, de justice et d’intégration des nouveaux arrivants, et à donner des conseils de carrière.

« Plus les besoins des élèves se complexifient, plus les conseillers d’orientation doivent s’appuyer sur des données probantes dans leurs interventions. Les conseillers en milieu urbain et rural ont besoin de formation continue, de mentorat et d’occasions de réseautage et de diffusion des meilleures pratiques », affirme-t-elle.

Statistique Canada a publié en 2017 un rapport basé sur l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes : santé mentale de 2012. On y apprend que 11 % des jeunes de 15 à 24 remplissaient les critères de la dépression à un moment ou un autre et que près de la moitié de ce nombre ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires[1].

Le plus récent rapport de Statistique Canada sur l’usage de drogues illicites chez les jeunes, commandé en 2015, indique que 21 % des jeunes de 15 à 19 ans disent avoir consommé au moins une drogue illégale (cannabis, cocaïne ou crack, ecstasy, amphétamines ou méthamphétamines, hallucinogènes ou héroïne) dans la dernière année. Dans l’ensemble de la population canadienne, l’usage de drogues illicites est passé de 11 % en 2013 à 13 % en 2015[2].

Melissa Fuhr est conseillère d’orientation à l’école secondaire John Paul II Collegiate de North Battleford, en Saskatchewan. Titulaire d’un baccalauréat en psychologie et en sociologie de l’Université de la Saskatchewan, elle suit actuellement les trois cours qu’il lui manque pour obtenir un baccalauréat en travail social de l’Université de Regina.

Quand on lui demande son avis sur les défis des conseillers d’orientation dans le contexte scolaire actuel, voici ce qu’elle répond : « Chaque élève a besoin de plusieurs types d’aide : information et mentorat, aiguillage vers des ressources communautaires, communication avec les parents et les enseignants au besoin, et toute la documentation que cette aide implique. Il n’y a pas assez d’heures dans une journée pour rencontrer tous les élèves qui ont besoin de nous tout en faisant la promotion de la santé mentale. Mais je dirais que le plus difficile, c’est de changer constamment de posture mentale : en l’espace d’une journée, on peut s’attaquer à des problèmes aussi variés et complexes que la dépendance, les idées suicidaires, l’anxiété, les problèmes familiaux et les questionnements sur l’identité de genre, entre autres. Parfois, certains élèves sont complètement dépassés et ont besoin d’une assistance immédiate. Réussir à mettre de côté les problèmes de l’élève à la fin d’une rencontre et repartir à neuf après quelques minutes, c’est du sport! »

La pauvreté peut avoir des effets néfastes sur les enfants qui fréquentent l’école. Comme près de 1,2 million de Canadiens de moins de 18 ans (17,0 %) vivent dans un ménage à faible revenu[3], chaque conseiller d’orientation intervient un jour ou l’autre auprès d’un élève qui ne peut ni se nourrir, se loger et se vêtir adéquatement ni acheter des fournitures scolaires.

Parfois, même la géographie complique le travail des conseillers d’orientation. L’isolement et le manque d’accès à des ressources additionnelles en région éloignée peuvent donner à certains conseillers l’impression de manquer de moyens pour bien faire leur travail.

Trent Langdon, titulaire d’une maîtrise en psychologie de l’orientation et Conseiller canadien certifié, est enseignant depuis 2003 et conseiller d’orientation depuis 13 ans. Il a travaillé auparavant dans des foyers d’accueil pour adolescents et à la haute direction de l’organisme Boys and Girls Clubs de Terre-Neuve-et-Labrador. Actuellement vice-président de l’association des enseignants de Terre-Neuve-et-Labrador (NLTA), il a exercé deux mandats à la présidence de l’association des conseillers et des psychologues de Terre-Neuve-et-Labrador (NLCPA) et un mandat à la présidence de la Section des conseillers et conseillères en milieu scolaire de l’Association canadienne de counseling et de psychothérapie (ACCP).

« À Terre-Neuve, il existe un recueil des “normes de pratiques”, mais le rôle de conseiller d’orientation n’est pas défini clairement et n’est pas équivalent d’une école à l’autre. Un point en commun : la fonction de “triage”. En effet, le conseiller d’orientation a de nombreuses responsabilités : évaluations exhaustives (tests psychoéducatifs), counseling, soutien familial, intervention de crise, coordination et consultation des services d’aide aux élèves, activités d’orientation pour toute l’école et interventions auprès des élèves qui vivent des problèmes. On parle de “triage” parce que le conseiller d’orientation doit constamment répondre à des besoins émergents et réagir à des imprévus, ce qui demande beaucoup d’énergie. Il faut savoir que les conseillers sont généralement responsables de 500 élèves, que plusieurs couvrent différentes écoles et que certains passent beaucoup de temps sur la route en région rurale, sans parler des “tâches d’enseignement connexes” », explique Trent Langdon.

Où en est l’orientation scolaire au Canada? Cet article explore les défis et les avantages du métier de conseiller d’orientation au secondaire partout au pays, dans chaque région.

Dans le Nord

L’isolement du Nord canadien est directement responsable de la pénurie de personnel scolaire et de la faiblesse de l’offre éducative. Certains élèves doivent effectuer un long trajet en bus pour se rendre à l’école, et d’autres doivent carrément quitter leur foyer pour décrocher un diplôme d’études secondaires. En outre, les pénuries de logement, l’insécurité alimentaire et les problèmes de santé peuvent contrecarrer les efforts des jeunes qui veulent s’instruire. Heureusement, les progrès technologiques – notamment les vidéoconférences et l’Internet haute vitesse – et l’acceptabilité sociale grandissante de l’apprentissage non conventionnel offrent aux élèves plus de possibilités que jamais.

Nunavut

Ce territoire accueille 676 élèves en 9e année, 975 en 10e année, 775 en 11e année et 790 en 12e année[4]. On y dénombre 43 écoles dans 25 localités, 711,5 postes d’enseignant et 9 889 élèves qui fréquentent l’école[5]. Si on ne connaît pas le nombre de conseillers d’orientation, on sait que le ratio enseignant/élèves est de 1:13,9.

Le Nunavut compte 35 944 habitants, dont 6 555 jeunes de 10 à 19 ans. Il affiche une densité de population de 0,019 au kilomètre carré, sur une superficie totale de 1 877 778,53 kilomètres carrés[6].

Yukon

Ce territoire compte quatre écoles secondaires qui accueillent des élèves de la 8e à la 12e année, plus 13 autres écoles qui offrent une formation secondaire. En septembre 2018, 1 984 élèves étaient inscrits de la 8e à la 12e année. Whitehorse accueille 6,88 conseillers d’orientation équivalents temps plein (ETP) au secondaire. À l’extérieur de la capitale, 6,4 conseillers d’orientation ETP aident les élèves de la maternelle à la 12e année sans être attitrés à un niveau particulier. Les conseillers ETP sont des personnes qui cumulent des responsabilités d’enseignant ou d’éducateur et de conseiller d’orientation[7]. En faisant le calcul, on obtient un ratio de 1 conseiller pour 149,3 élèves.

Le Yukon compte 35 874 habitants, dont 3 955 jeunes de 10 à 19 ans. Sa superficie totale est de 474 712,68 kilomètres carrés et sa densité de population, de 0,1 au kilomètre carré[8].

Territoires du Nord-Ouest

Ce territoire accueillait 2 782 élèves de la 9e à la 12e année pendant l’année scolaire 2017-2018. Environ six personnes y travaillent comme conseiller d’orientation, parfois à temps partiel[9]. Ainsi, on trouve environ 1 conseiller pour 463,7 élèves.

Les Territoires du Nord-Ouest comptent 41 786 résidents sur 1 143 793,86 kilomètres carrés, ce qui donne une densité de population de 0,036 au kilomètre carré. On y dénombre 5 455 jeunes de 10 à 19 ans[10].

Dans l’Ouest

Le recensement de 2016 a dénombré 35 151 728 Canadiens et Canadiennes, dont près du tiers dans les provinces de l’Ouest. Cette région accueille par ailleurs plus de la moitié de la population autochtone du pays, d’où l’importance pour les conseillers d’orientation de connaître l’histoire et la culture autochtones.

Colombie-Britannique

Cette province accueillait environ 266 341 élèves de la 8e à la 12e année pendant l’année scolaire 2017-2018. Ses écoles sont organisées pour offrir des services éducatifs aux élèves selon leur année ou les stades scolaires que voici : élémentaire (K-7), élémentaire-premier cycle du secondaire (K-10), élémentaire-secondaire (K-12), école intermédiaire (6-9), premier cycle du secondaire (8-10), secondaire (8-12) et deuxième cycle du secondaire (11-12). On dénombrait plus de 700 postes d’enseignant-orienteur dans le réseau public K-12 en 2017-2018[11].

La Colombie-Britannique compte 4 648 055 habitants, dont 492 840 jeunes de 10 à 19 ans. Elle affiche une densité de population de 5,0 au kilomètre carré, sur une superficie totale de 922 503,01 kilomètres carrés[12].

Alberta

La province compte 627 écoles publiques, séparées, francophones, privées et écoles à charte qui accueillent des élèves de la 10e à la 12e année, pour un total de 162 149 élèves inscrits au début de l’année scolaire 2018-2019[13]. Si on ne connaît pas le nombre de conseillers d’orientation, on sait qu’il y a 49 816 enseignants sur le territoire albertain[14].

L’Alberta compte 4 067 175 habitants, dont 481 955 jeunes de 10 à 19 ans. Elle affiche une densité de population de 6,4 au kilomètre carré, sur une superficie totale de 640 330,46 kilomètres carrés[15].

Dans l’Est

La région de l’Est, où se trouvent six des dix plus grandes villes canadiennes, présente une forte proportion de jeunes habitant en milieu métropolitain. Dans une étude récente, des chercheurs de l’Université Duke et du King’s College de Londres ont découvert que les jeunes de 12 ans des quartiers urbains étaient près de deux fois plus susceptibles de souffrir d’un symptôme de psychose que leurs homologues de la campagne. En effet, environ 7,4 % des enfants en milieu urbain avaient souffert d’au moins un symptôme de psychose avant l’âge de 12 ans, contre 4,4 % des enfants en milieu rural.

Ontario

Pendant l’année scolaire 2016-2017, les écoles secondaires subventionnées par la province comptaient près de 2 000 enseignants-orienteurs pour 629 538 élèves[16]. Cela équivaut à un ratio de 1 conseiller pour 314,8 élèves du secondaire.

L’Ontario compte 13 448 494 habitants, dont 1 566 200 jeunes de 10 à 19 ans. Il affiche une densité de population de 14,8 au kilomètre carré, sur une superficie totale de 908 699,33 kilomètres carrés[17].

Québec

En 2013-2014, les écoles primaires et secondaires publiques du Québec accueillaient 1 183 590 élèves[18]. En 2015-2016, ces mêmes écoles employaient 99 243 enseignants à temps plein et à temps partiel[19]. Si on ne connaît pas le nombre exact de conseillers d’orientation, on sait que le ratio enseignant/élèves est d’environ 1:11,9.

Le Québec compte 8 164 361 habitants, dont 848 985 jeunes de 10 à 19 ans. Il affiche une densité de population de 6,0 au kilomètre carré, sur une superficie totale de 1 356 625,27 kilomètres carrés[20].

Nouveau-Brunswick

Au 30 septembre 2016, cette province accueillait 97 842 élèves, dont 32 121 de la 9e à la 12e année. On y recensait 7 382,4 postes d’enseignant. Tous niveaux confondus, la province comptait 161,5 conseillers d’orientation[21], ce qui donne un ratio d’environ 1 conseiller pour 605,8 élèves.

Le Nouveau-Brunswick compte 747 101 habitants, dont 78 485 jeunes de 10 à 19 ans. Il affiche une densité de population de 10,5 au kilomètre carré, sur une superficie totale de 71 388,81 kilomètres carrés[22].

Nouvelle-Écosse

Cette province compte 91 écoles qui accueillent des élèves du deuxième cycle du secondaire (10e-12e année). Selon la configuration de l’école, il peut y avoir aussi des élèves du primaire ou du premier cycle du secondaire. On dénombrait 29 245 élèves de la 10e à la 12e année pour l’année scolaire 2017-2018. Pour cette même année, les 91 écoles mentionnées ci-dessus comptaient 128 conseillers d’orientation. Le ratio provincial recommandé est actuellement fixé à 1 conseiller pour 500 élèves, à l’élémentaire comme au secondaire. Dans les secteurs comptant moins de 500 élèves, il arrive que plusieurs écoles se partagent un même conseiller[23].

La Nouvelle-Écosse compte 923 598 habitants, dont 97 100 jeunes de 10 à 19 ans. Elle affiche une densité de population de 17,4 au kilomètre carré, sur une superficie totale de 52 942,27 kilomètres carrés[24].

Île-du-Prince-Édouard

Cette province accueillait environ 5 000 élèves de la 10e à la 12e année en septembre 2014[25]. Si on ne connaît pas le nombre exact de conseillers d’orientation, on sait que le ratio conseiller/élèves, tous niveaux confondus, était de 1:12,7.

L’Île-du-Prince-Édouard compte 142 907 habitants, dont 16 425 jeunes de 10 à 19 ans. Elle affiche une densité de population de 25,1 au kilomètre carré, sur une superficie totale de 5 686,03 kilomètres carrés[26].

Terre-Neuve-et-Labrador

Cette province accueillait 15 413 élèves de la 10e à la 12e année en 2017-2018. Tous niveaux confondus, on y trouvait l’équivalent de 175 conseillers d’orientation à temps plein. Avec une population scolaire totale de 65 401 élèves de la maternelle à la 12e année, le ratio conseiller/élèves était de 1:373,7.

Terre-Neuve-et-Labrador compte 519 716 habitants, dont 53 290 jeunes de 10 à 19 ans. Elle affiche une densité de population de 1,4 au kilomètre carré, sur une superficie totale de 370 514,08 kilomètres carrés[27].

Le faible ratio conseillers/élèves semble problématique partout au pays.

Martia MacLean est conseillère scolaire au centre régional d’éducation Cape Breton Victoria et présidente de l’association des conseillers scolaires de la Nouvelle-Écosse, une association professionnelle du syndicat des enseignants de la Nouvelle-Écosse. Conseillère scolaire depuis 15 ans, elle a eu la chance de travailler avec des élèves de toutes les années.

Elle affirme ceci : « En Nouvelle-Écosse, les écoles sont subventionnées selon le nombre d’élèves, et c’est la même chose pour les conseillers scolaires. Le ratio recommandé est actuellement fixé à 1 conseiller pour 500 élèves. Or les chiffres ne correspondent pas toujours aux besoins, ce qui crée des difficultés pour les conseillers scolaires. Et je ne crois pas exagérer en disant que la province est aux prises avec une pénurie de conseillers. »

Trent Langdon abonde dans le même sens : « Les défis tiennent beaucoup aux attentes démesurées côté charge de travail, aux ratios élèves/conseiller élevés, au manque de clarté (et de protection) des rôles et à la difficulté de répondre aux besoins de tous les élèves sur notre vaste territoire. »

Erin Luong ajoute : « Nous aimerions que les administrations scolaires voient les bienfaits d’investir dans les conseillers scolaires. En Alberta, les conseillers scolaires sont des enseignants brevetés qui ont suivi une formation continue ou fait des études de 2e ou 3e cycle universitaire pour être prêts à aider les élèves sur les plans personnel, social, éducatif et professionnel tout en contribuant à leur santé mentale et à leur bien-être (https://docs.wixstatic.com/ugd/c0e3ce_3a1a4f04556346e58afc9384ed25e82b.pdf). Le recours à des enseignants-orienteurs favorise la réussite des élèves, car ces personnes connaissent à la fois les besoins développementaux et le réseau scolaire. Dans l’étude “Briefing on Social Return on Investment for School Counselling”, la professeure Merali (Université de l’Alberta) conclut que le ratio optimal serait 1 conseiller pour 250 élèves. »

Si les besoins des élèves varient d’une région à l’autre et que les défis semblent parfois insurmontables, les avantages émotionnels et professionnels du métier de conseiller d’orientation sont les mêmes partout.

« Le métier de conseiller scolaire est formidable. Il comporte tellement d’avantages que c’est difficile d’en choisir un, mais avoir la chance de tisser des liens avec des élèves qui vivent parfois les pires ou les plus beaux jours de leur vie, c’est toujours très formateur. Savoir que les élèves et leur famille ont entièrement confiance en moi et m’invitent à les aider, c’est une belle leçon d’humilité », affirme Martia MacLean.

Melissa Fuhr renchérit : « Le simple fait de nouer des liens avec les élèves au quotidien est une récompense en soi. Voir un élève surmonter ses difficultés pour atteindre ses objectifs, peu importe la durée du processus, c’est extrêmement valorisant. Mon poste m’a amenée à rencontrer des jeunes absolument extraordinaires. Et quand un élève me dit qu’il n’aurait pu décrocher son diplôme sans mon aide, je me sens vraiment choyée. Ces belles histoires compensent toutes les difficultés et la fatigue qu’on peut vivre. » Erin Luong résume bien le tout : « Comme conseillers d’orientation, nous avons une chance inouïe. Nous avons le privilège de prendre les élèves là où ils sont et de les amener à s’épanouir. »

Par : Jackie Fritz


Références
1 Study: Depression and suicidal ideation among Canadians aged 15 to 24. https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/170118/dq170118b-eng.htm
2 Canadian Tobacco Alcohol and Drugs (CTADS): 2015 summary. https://www.canada.ca/en/health-canada/services/canadian-tobacco-alcohol-drugs-survey/2015-summary.html
3 Statistics Canada: 2016 Census Census in Brief: Children living in low‑income households. https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2016/as-sa/98-200-x/2016012/98-200-x2016012-eng.cfm
4 Government of Nunavut, Department of Education 2015/16 Annual Report
5 Government of Nunavut, Department of Education 2014/15 Annual Report
6 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census
7 Government of Yukon
8 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census
9 Department of Education, Culture and Employment, Government of the Northwest Territories
10 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census
11 BC Ministry of Education
12 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census
13 Government of Alberta
14 The Alberta Teachers’ Association. https://www.teachers.ab.ca/About%20the%20ATA/WhatWeDo/2017-Annual-Report/Pages/Member-Services.aspx
15 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census
16 Ontario Ministry of Education
17 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census
18 Statistics Canada. Headcount enrolments in public elementary and secondary schools, Canada, provinces and territories, 2007/2008 to 2011/2012.
19 Statistics Canada. Number of full-time and part-time educators, public elementary and secondary schools, by age group and sex
20 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census
21 Government of New Brunswick, Summary Statistics School Year 2016-2017 Prepared by Policy & Planning Division, Department of Education and Early Childhood Development
22 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census
23 Government of Nova Scotia, Department of Education and Early Childhood Development
24 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census
25 Government of Prince Edward Island, Department of Education and Early Childhood Development, Annual Report 2014-2015
26 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census
27 Government of Canada, Census Profile, 2016 Census

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