2019 French Articles

Thérapie comportementale et cognitive

Une démarche concrète pour vaincre les pensées et les comportements négatifs

Les écoles canadiennes sont pleines à craquer, si bien qu’on y voit surgir des classes dans les cours pour loger des enseignants et du personnel administratif qui se retrouvent avec près d’une quarantaine d’élèves. Avec de pareils effectifs, le personnel scolaire a souvent du mal à accorder toute l’attention nécessaire à des élèves qui auraient pourtant besoin d’aide sociale et psychologique. Les conseillers d’élèves ont plus que jamais besoin d’avoir à portée de main de bons outils pour trouver et créer rapidement des traitements efficaces. Le temps et les ressources leur étant comptés, toutefois, comment peuvent-ils savoir ce qui fonctionnera le mieux et aider tous ceux qui en ont besoin?

Qu’est-ce que la TCC?

La théorie comportementale et cognitive, ou TCC, est une forme de thérapie psychologique fréquemment proposée aux adultes et aux jeunes pour composer avec leurs difficultés et mieux vivre au quotidien. Inventée par le Dr Aaron T. Beck comme solution de rechange à la démarche psychoanalytique populaire dans les années 1960, [RM1] la TCC permet de traiter nombre de problèmes psychologiques comme l’anxiété, la dépression, une estime de soi déficiente, le stress post-traumatique et le trouble obsessionnel compulsif, entre autres. Elle est particulièrement efficace chez les adolescents, qui sont nombreux à souffrir d’anxiété pendant toute leur scolarité, un problème qui, s’il ne n’est pas pris en charge, peut évoluer en troubles mentaux à l’âge adulte et influer à long terme sur le fonctionnement quotidien et le bien-être.

Le succès de la TCC tient à son application pratique. En effet, les élèves participent activement aux séances et mettent à profit leur propre réflexion et leurs propres expériences. La TCC étant fondée sur l’action et la consignation des idées et des sentiments, les élèves deviennent les moteurs du processus et parviennent à changer durablement leur état.

Comment faire de la TCC avec les élèves?

Il s’agit de montrer aux élèves à comprendre comment leurs pensées interagissent avec leurs comportements et induisent certaines actions. Autrement dit, les conseillers aident les élèves à voir que leurs verbalisations intérieures et leurs pensées négatives influencent leurs comportements et génèrent des réactions émotives intériorisées et extériorisées.

Au cours d’une séance, le conseiller ou la conseillère intervient au besoin pour aider l’élève à modifier son schème de pensée, lui enseigner certaines habiletés propres à la TCC (qui font surtout appel à l’écrit) et lui montrer comment arriver à changer ses comportements. Il est essentiel au succès à long terme de la thérapie que l’élève arrive à représenter sous forme graphique ses idées, ses humeurs et son schème de pensée.

Avant de remettre en question un schème de pensée négatif, toutefois, l’élève doit bien comprendre la relation entre pensées, sentiments et comportements. C’est à cet égard que l’écriture devient son principal outil, puisqu’elle lui permet d’établir les liens entre ses pensées et ses humeurs, et de comprend comment celles-ci l’incitent à agir comme elle ou il le fait. Il existe des centaines de fiches de TCC sur le Web, ainsi que des guides comme celui de Christine Padesky, intitulé Mind Over Mood (adapté en français par l’auteure et Dennis Greenberger sous le titre Dépression anxiété : comprendre et surmonter par l’approche cognitive – Un guide pratique), où les élèves peuvent noter leurs idées et commencer la représentation graphique nécessaire à la TCC. La recherche d’exemples sur le Web produira de nombreux résultats; il suffit d’aider l’élève à choisir celui qui l’interpelle davantage et qui lui sera le plus utile pour transformer son expérience personnelle.

Le conseiller pourra ensuite inviter l’élève à exprimer ses pensées, à s’exercer à les consigner par écrit, puis à continuer de le faire pendant la semaine, chez lui, quand il en sentira le besoin, afin de poursuivre le travail. Il existe divers styles de registres pour ce faire, mais peu importe la forme, il doit toujours s’y trouver quelques éléments de base comme un espace où l’élève peut décrire les situations qu’il a vécues, les pensées qui lui sont venues pendant ce temps ainsi que les comportements et les émotions qui en ont résulté. Faute de comprendre les liens entre pensées et émotions, l’élève n’arrivera pas à isoler ses pensées et ses convictions les plus profondes et ne pourra pas les remettre en question.

Attention!

Les élèves se sentiront plus autonomes et plus responsables à l’égard de la TCC s’ils en comprennent bien le sens et l’utilité. Il faut donc veiller à ce qu’ils comprennent bien la part qu’ils doivent y prendre et la manière de le faire. Les exemples sont très importants à cet égard, tout comme les exercices en cours de séance. Si la démarche est bousculée ou mal comprise, l’élève risque de le prendre comme un échec personnel et de reculer d’un pas.

Encouragez vos élèves à se réjouir de tous leurs succès en cours de TCC. Chacun est un pas dans la bonne voie. Vos encouragements contribuent à leur estime de soi et les aident à se percevoir de façon plus positive. Ils complètent fort bien les exercices prévus par la TCC et favorisent la réorientation d’un schème de pensée.

D’où vient le succès de la TCC à L’école?

La TCC est une méthode éprouvée, qui réussit bien avec les jeunes comme avec les adultes. Elle serait l’une des plus efficaces, même au terme d’une seule séance. Les habiletés apprises au cours de la séance sont transférables; elles entraînent d’abord de modestes changements dans le schème de pensée, qui débouchent sur un changement de comportement.

Puisque les conseillers n’arrivent pas toujours à passer assez de temps avec leurs élèves, les graphiques de la TCC sont un bon moyen d’inciter ces derniers à poursuivre la portion la plus utile du travail entre les séances. Les élèves sont aux commandes et peuvent en tirer le sentiment bénéfique de travailler eux‑mêmes à l’amélioration de leur santé mentale et de reprendre le dessus. Avec les autres méthodes, les changements et les répercussions s’observent surtout pendant les séances, et il se passe très peu de choses entre-temps. Les élèves ont alors tendance à tout attendre du conseiller. La TCC, en revanche, favorise leur participation active et l’expérimentation en dehors des séances, où se remportent les véritables succès. En outre, la TCC est l’outil idéal pour les conseillers parce qu’il est applicable à tout un éventail de problèmes de santé mentale et à des personnalités très diverses. Elle est structurée et assortie de moyens d’évaluation qui permettent de constater les progrès. Elle peut se poursuivre pendant l’été, après les cours; il importe en effet que les élèves profitent de la dynamique amorcée et restent le principal agent du maintien et de l’amélioration de leur santé mentale. La TCC est accessible pratiquement à tout âge, même aux jeunes enfants qui ne savent ni lire ni écrire. Avec l’aide du conseiller, ils décrivent leurs pensées et leurs sentiments au moyen d’images, de mimiques ou de dessins, qu’ils peuvent ensuite relier à des actions et à des comportements.

Par Zara Canteenwalla, M.T.S., TSA, CCC


Références
Robert L. Leahy, « Cognitive-Behavioral Therapy: Proven Effectiveness. CBT is the treatment of choice », Psychology Today, 2011.
Edmund J. Bourne, The Anxiety and Phobia Workbook, 5e édition, 2010.
Padesky, Christine, Mind Over Mood, First Edition: Change How You Feel by Changing the Way You Think, 1995.
Therapy Aid, CBT For Kids: Thoughts Feelings Actions, 2018.

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