2020 French Articles

Est-ce que les enfants vont bien?

Éviter une pandémie de problèmes de santé mentale en réaction à la COVID-19

L’arrivée de la COVID-19 au Canada à la fin de l’hiver 2020 et le confinement qui a suivi, en mars, a mis tout le monde sous tension. Quelle était cette mystérieuse menace à notre santé? À quel point était-elle dangereuse? Qui étaient les personnes les plus à risque? Et comment pouvions-nous éviter de contracter le coronavirus responsable de la maladie COVID-19? 

Des statistiques inquiétantes

Ce n’est une surprise pour personne : après des mois de pandémie, la COVID-19 a entraîné une hausse des problèmes de santé mentale dans le monde. Une étude fondée sur l’approche participative de Statistique Canada révèle que le nombre de personnes estimant leur « santé mentale mauvaise » a triplé en quelques mois – passant de 8 % en 2018 à 24 % au printemps 2020. Ces conclusions ont été confirmées par un sondage de Recherche en santé mentale Canada indiquant que 22 % des Canadiens éprouvaient une « anxiété élevée » et 13 % un sentiment de dépression accru. La Direction régionale de santé publique de Montréal a également noté que près de 50 % des jeunes adultes de 18 à 30 ans ont rapportent que la pandémie a eu des répercussions négatives sur leur santé mentale, surtout en raison du stress causé par une perte d’emploi ou des difficultés financières. Pour sa part, Jeunesse, J’écoute a connu une augmentation de 350 % de ses appels, poussant l’organisme à recruter des bénévoles de façon urgente.

Dépassés, mais résilients malgré tout

La pandémie crée un stress collectif qui touche toute la société. Tandis que les responsables de la santé publique poursuivent leur travail afin de contenir la propagation du nouveau coronavirus, les professionnels de la santé mentale craignent que nous arrivions à un tournant, où nous nous verrons submergés de personnes paralysées par l’anxiété, terrassées par la dépression et incapables de faire face à l’isolement en cours.

Pour le moment, voici la bonne nouvelle (mais elle pourrait devenir obsolète bientôt) : la pandémie de COVID-19 nous a contraints à faire preuve de résilience. Si les gens admettent ouvertement se sentir anxieux, dépressifs et isolés, ils reconnaissent aussi chercher des façons d’affronter la situation, car ils savent que la pandémie est la question de vie et de mort prioritaire actuelle – et que les ressources en soins de santé doivent y être consacrées. La plupart des gens reconnaissent leurs émotions et essaient de ne pas se laisser abattre. L’espoir réside dans cette résilience acquise pendant la pandémie, qui pourrait contribuer à améliorer la santé mentale de la population. Car les gens auront davantage conscience de ce qu’ils sont capables de tolérer et pourront miser sur cette force.

La pandémie subséquente

Toutefois, les professionnels en santé mentale craignent que l’heure de vérité approche. « Au Canada, la dure vérité est que notre système de santé mentale manquait déjà de moyens pour répondre à la demande avant le début de la pandémie, a expliqué en commission parlementaire Margaret Eaton, cheffe de la direction nationale de l’Association canadienne pour la santé mentale. Nous devons agir maintenant afin de nous préparer à la vague de problèmes de santé mentale résultants de la COVID-19. »

Les experts l’appellent la pandémie « écho ». La crise de la COVID-19 a profondément changé la façon dont nous nous comportons et interagissons, mais le traumatisme émotionnel lié à la pandémie pourrait être ce qui force les gens à faire le tri dans une myriade de douloureux problèmes de santé mentale. C’est pourquoi le milieu de la santé mentale nous prévient : nous ferions mieux de nous préparer.

Prêts pour la suite

Une fois que nous aurons retrouvé un semblant de vie normale, la « vague de problèmes » dont parle Margaret Eaton pourrait nous frapper, et les conseillers et conseillères d’orientation pourraient être les premiers à voir venir les choses. Intuitivement, les conseillers d’orientation savent que les problèmes de santé mentale seront au cœur des préoccupations au lendemain de la pandémie. Ils craignent les répercussions autant que quiconque et, sachant que la santé mentale était la première préoccupation des jeunes avant la pandémie, ils souhaitent être prêts à gérer cette situation délicate lorsque les choses se normaliseront. En ce moment, la plupart des services d’orientation sont en confinement partiel : l’accès à des rendez-vous en personne est extrêmement restreint ou interdit. Quand la vie normale reprendra minimalement son cours, les élèves laisseront tomber leur garde. Ils pourraient alors être submergés par un flot d’émotions, puisqu’ils ressentiront pleinement toute l’anxiété et le stress contenus pendant les mesures d’isolement.

Stratégies en matière de santé mentale

Pendant que les experts en santé mentale et le gouvernement discutent de la marche à suivre pour gérer cette autre pandémie potentielle, les conseillers et conseillères d’orientation peuvent proposer aux élèves des stratégies d’adaptation dès maintenant.  

Garder son calme : l’adolescence est une période de développement caractérisée par de fréquentes sautes d’humeur. Alors qu’un adulte peut avoir un regard plus détaché sur les choses, les adolescents sont plus susceptibles de paniquer ou de se décourager. Les conseillers d’orientation peuvent faire preuve de calme auprès de leurs élèves et les encourager à adopter une vision à long terme pour diminuer la peur et l’anxiété liées à la COVID-19. Ils pourraient leur dire, par exemple, que le SARS-CoV-2 et la COVID-19 constituent un risque réel pour la santé, mais qu’il existe maintenant plus de possibilités de traitements et que des vaccins sont à l’essai pour réduire la propagation et la gravité de la maladie. Le monde entier est déterminé à mettre fin à ce nouveau coronavirus, et des progrès ont été réalisés.

Rester en contact : certains étudiants ont décroché et se sont éloignés de leur famille, de leurs amis et de l’école. Les conseillers d’orientation doivent faire de leur mieux pour encourager les élèves à garder le contact – virtuellement, si c’est la seule possibilité – et pour organiser des rencontres en personne (si possible) ainsi qu’au téléphone ou par appel vidéo avec eux. Parfois, pour se sentir connecté à son école, un élève a seulement besoin d’entendre de la bouche d’un adulte bienveillant que « nous sommes tous dans le même bateau ».

Encourager l’adoption d’une routine : une routine prévisible et de bonnes habitudes de sommeil favorisent une bonne santé mentale à tout âge. Auprès de leurs élèves, les conseillers d’orientation peuvent insister sur l’importance de ces comportements pour pouvoir faire face à la pandémie. Ils devraient aussi les encourager à rester actifs – même une marche rapide peut être bénéfique. Il a été démontré que pratiquer de l’activité physique, en se fixant des objectifs réalistes – comme 10 000 pas par jour ou 150 minutes d’activité cardiovasculaire intense par semaine –, peut contribuer au maintien d’une bonne santé mentale. Une autre stratégie à proposer aux élèves : limiter le temps d’écran quotidien. En raison de l’apprentissage en ligne, les élèves sont déjà très dépendants de leurs appareils. Et la succession continuelle de temps d’écran pour l’école et pour leur vie sociale pourrait accentuer leurs sentiments d’anxiété et d’isolement.

Recommander l’acceptation : La COVID-19 est parmi nous et, si elle ressemble à la grippe, elle ne sera pas éradiquée. Le SARS-CoV-2 connaîtra des mutations, et des vaccins seront créés et ajustés, comme le sont ceux contre la grippe année après année. Notre société a choisi d’adopter une stratégie à long terme pour affronter le nouveau coronavirus. Encouragez les élèves à accepter cette réalité. Ils ont toujours le droit d’être déçus des changements apportés à leurs études secondaires, et frustrés d’être incapables de vivre aussi librement qu’avant, mais accepter une situation, une émotion ou un état est une stratégie d’adaptation cruciale pour faire face à l’adversité.

Ces stratégies d’adaptation à la pandémie ne devraient surprendre aucun conseiller d’orientation – nous utilisions déjà ces outils avant la COVID-19. Toutefois, cette période de l’histoire est différente. Si une pandémie de problèmes de santé mentale se profile à l’horizon, les conseillers d’orientation – en tant que travailleurs de première ligne – peuvent se préparer à éviter le pire. À l’aide d’une approche réfléchie, mesurée et réaliste face à ce qui se passe dans le monde, les conseillers d’orientation peuvent écouter les inquiétudes de leurs élèves et les aider à faire preuve de résilience afin de surmonter leur anxiété et leur stress. Entre-temps, les conseillers et conseillères d’orientation restent vigilants, prêts à offrir leur aide si une pandémie « en écho » se concrétise. 

Par Sean Dolan

Advertise with Us!

Contact Stephanie Duprat for more information at
1-888-634-5556 x106 or stephanie@mzpinc.ca.