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Pour que ça marche : repenser l’éducation dans le monde de la COVID-19

Tout est arrivé si vite.

Les manchettes du début de 2020 parlent d’un nouveau coronavirus apparu en Chine, qui frappe durement la ville chinoise de Wuhan, mais aussi l’Italie et l’Iran; peu de gens croient alors que le virus aura les mêmes effets à l’extérieur de ces territoires. Mais les notions de frontière et de pays ne s’appliquent pas aux virus. En mars, la maladie causée par le SRAS-CoV-2 reçoit un nom – la COVID-19 – et l’Organisation mondiale de la santé déclare que la propagation du coronavirus est passée du stade de l’épidémie à celui de la pandémie.

La réponse du Canada

Le virus se propage d’un pays à l’autre et le nombre de victimes augmente sans cesse. Le Canada se doit de réagir, ce qu’il fait en mars : en moins d’une semaine, les avions sont cloués au sol, les frontières se ferment et le premier ministre enjoint à tous les voyageurs canadiens de rentrer chez eux. Les unes après les autres, comme une chaîne de dominos, les provinces entrent en confinement, stoppent leur économie et ferment leurs écoles. Pendant ce temps, les Canadiens commencent à adopter un nouveau vocabulaire et parlent de distanciation sociale ou physique et d’isolement volontaire. Pour l’essentiel, d’un océan à l’autre, les Canadiens sont priés de rester chez eux pour éviter de propager le nouveau coronavirus. En date de la mi-mai 2020, le virus a fait plus de quatre millions de victimes de par le monde, soit 7 % des personnes ayant reçu un diagnostic de COVID-19. Au Canada, plus de 70 000 personnes ont contracté la COVID-19 et environ 5 000 d’entre elles sont mortes de complications résultant de cette maladie.

Le monde de l’éducation laissé à lui-même

Pendant que les hôpitaux se préparent à affronter le pire et que les travailleurs de première ligne du secteur de la santé sont applaudis à juste titre comme des héros de la bataille à venir, la communauté de l’éducation est laissée à elle-même. Les écoles sont fermées, tout le monde est isolé chez soi, et l’enseignement à distance est la seule option qui reste. Dans l’intérêt de la sécurité et de l’utilité publiques, le modèle de prestation en présentiel de l’éducation est délaissé en faveur d’un modèle en ligne appelé à connaître une évolution rapide.

Pour que ça marche

Si certains ont pu se replier sur eux-mêmes et s’avouer vaincus, des enseignants de partout au Canada s’efforcent de faire fonctionner l’éducation à distance. Les ministères provinciaux de l’Éducation concluent des ententes de prestation de ressources. Des conseils scolaires mettent en place des plateformes de prestation. Des administrateurs déploient leurs efforts dans des initiatives de développement de la conscience communautaire et de soutien à l’intention du personnel et des élèves. Des enseignants adaptent leurs plans de leçons à un format virtuel. Des conseillers d’orientation trouvent des moyens de rejoindre leurs élèves par l’ordinateur ou par téléphone. À tous les échelons, ce qui aurait semblé impossible en février devient en mars une réalité née de la nécessité. En se regroupant et en s’assurant la participation des élèves et des parents, les enseignants réinventent la prestation de leur programme par un acte de volonté collective sans précédent.

Première partie – Les aspects positifs

L’apprentissage à distance? Pas de problème

Commençons par une bonne nouvelle : si on donne à des professionnels de l’enseignement un problème à résoudre, ils vont le résoudre. C’est garanti. En l’occurrence, lors de la fermeture soudaine des écoles, la mise en œuvre immédiate de l’apprentissage en ligne s’est faite avec une efficience remarquable. Les enseignants, les conseillers d’orientation et les administrateurs déjà familiarisés avec la prestation de programmes en ligne disposaient d’un avantage certain. Les enseignants canadiens pratiquent la différenciation pédagogique et l’apprentissage mixte depuis des années, et nombre d’entre eux incorporent des éléments en ligne à leurs leçons en classe pour les enrichir. Certes, le passage direct à un modèle exclusivement en ligne est un choc, mais ces enseignants ont su faire la transition et improviser pour que leurs leçons aient presque tout de suite un sens pour leurs élèves. Sur des plateformes telles que Google Classroom, Microsoft 365 et Brightspace de D2L, les élèves bénéficient dès le départ d’occasions d’apprentissage. Les enseignants peu ou pas au fait de la prestation en ligne gravissent la forte courbe d’apprentissage et développent des compétences relativement vite. Vue de l’extérieur, la vitesse avec laquelle la communauté canadienne de l’enseignement réussit à faire fonctionner la scolarisation à distance est tout à fait remarquable.

La collaboration entre collègues

La pandémie produit un autre résultat positif important : la collaboration entre collègues devient monnaie courante. Les administrateurs et les conseillers d’orientation observent un effort collectif d’entraide de la part des enseignants pour apprivoiser l’environnement de la prestation en ligne. Les enseignants, les conseillers d’orientation et les administrateurs remarquent aussi à quel point ils apprennent vite à aller de l’avant dans un cadre pédagogique animé par la technologie. Les enseignants sont en contact avec des collègues de leur établissement, de leur conseil scolaire et même, dans certains cas, d’autres provinces. Ils font des pieds et des mains pour que tout aille bien.

La communication avec les parents

Les enseignants, les conseillers d’orientation et les administrateurs constatent aussi une très nette amélioration des communications avec les parents. La plupart des enseignants communiquent plus activement avec leurs élèves et, par extension, avec les parents de ceux-ci. Les enseignants se sentent obligés d’établir un contact, et la réponse qu’ils reçoivent des parents est très positive. En effet, comme l’apprentissage à distance est une activité essentiellement autodirigée, les parents doivent donner à leur enfant l’orientation que l’enseignant ne peut tout simplement pas offrir, faute d’être physiquement présent auprès de ses élèves. Ainsi, les enseignants ne se bornent pas à aider les élèves par l’entremise d’une plateforme virtuelle : ils apprennent aussi aux parents à aller au-devant de leurs propres enfants. À plus d’un titre, la crise de santé publique a fait émerger un véritable partenariat pédagogique.  

Le temps en famille

L’amélioration du temps en famille est un aspect qui étonne beaucoup d’enseignants et de familles ayant des enfants d’âge scolaire. Quand les gens sont forcés de passer beaucoup de temps ensemble, ils trouvent des moyens pour que cela fonctionne. Dans bien des cas, les enseignants notent une amélioration des relations entre leurs propres enfants et un enrichissement des expériences partagées lors des repas et des soirées de jeux ou de cinéma en famille. Les élèves et les parents avec qui ils communiquent observent des améliorations similaires dans leur foyer.  

Deuxième partie – Les aspects négatifs

Les défis de l’apprentissage à distance

Les inégalités à l’ère d’Internet se font jour dès le passage de l’éducation au mode virtuel. Les élèves des collectivités isolées et des familles à faible revenu sont les premiers à en souffrir. Leurs problèmes vont d’une connectivité faible (ou nulle!) à un accès restreint (ou nul!) aux ordinateurs, tablettes et téléphones. On peut comprendre que ces élèves aient de la difficulté à se connecter aux plateformes et à faire leurs devoirs.

Le passage à la prestation en ligne du programme d’études fait également ressortir la diversité du niveau de culture informatique des élèves. Pour certains, le changement s’est fait tout naturellement, mais d’autres élèves – notamment ceux qui ont des besoins particuliers – ont beaucoup de mal à participer aux activités de leur classe. La motivation est un autre aspect problématique. Certains élèves, ne voyant aucun intérêt à faire des devoirs en ligne qui n’auront aucune incidence sur leur note finale, refusent de se connecter.

Un autre enjeu important compromet l’apprentissage à distance. En mars 2020, quand le Canada est entré en isolement volontaire, des familles entières se sont retrouvées séquestrées chez elles, car leur gouvernement provincial recommandait à la plupart des travailleurs adultes de rester à la maison. Dans le meilleur des cas, les gens ont pu conserver leur emploi en installant un bureau à domicile (souvent sur la table de la cuisine). Dans les pires scénarios, les gens ont été mis à pied ou ont carrément perdu leur emploi. Quand une famille a un accès limité aux technologies informatiques, que les parents travaillent à la maison et que tous les membres de la famille doivent se partager les outils disponibles, le ou les parents travailleurs ont nécessairement la priorité d’accès à l’ordinateur. Ils ont des factures à payer, après tout. Les besoins scolaires des enfants sont pris en compte dans la mesure du possible, mais bien des élèves n’ont pas la possibilité de se connecter aux activités de groupe et aux cours magistraux prévus par leurs enseignants. Cette situation force les enseignants à faire des prouesses d’adaptation pour permettre à tous leurs élèves de participer aux projets de la classe et de faire leurs devoirs.

Les conseillers d’orientation constatent eux aussi que l’approche technologique de leur travail leur pose des problèmes. En milieu scolaire, les élèves prennent rendez-vous ou se présentent au bureau du conseiller. Dans le monde virtuel, les conseillers en sont réduits au courriel, au téléphone et aux plateformes telles que Google Classroom. Certains déclarent ne pas avoir recours aux vidéoconférences, soit parce que leur syndicat s’y oppose, soit parce que les élèves n’aiment pas qu’une liaison vidéo expose ce qui se passe chez eux. Certains élèves craignent de parler de leur situation personnelle alors que toute leur famille peut les entendre. De leur côté, bon nombre d’enseignants craignent que leur vie de famille compromette leur dialogue avec les élèves si, par exemple, leur conjoint ou leur enfant entre dans la pièce au milieu d’une conversation privée. Autrement dit, la technologie offre un accès, mais il lui manque la sécurité et la confidentialité du bureau du conseiller.

L’équilibre travail-famille

La recherche d’un bon équilibre entre le travail et le temps libre s’est avérée le principal défi à relever pour les enseignants au début de la pandémie. Il y a à cela plusieurs raisons :

  • Premièrement, pour toute la communauté scolaire, l’apprentissage à distance remplace du jour au lendemain un environnement systématique, aux horaires précis ponctués par la cloche, par un monde en ligne ouvert jour et nuit, où aucune comptabilisation claire du temps n’est possible.
  • Deuxièmement, un problème qui, à l’école, se réglait en quelques minutes prend tout à coup des heures, voire des jours à résoudre : le courriel s’empile dans les boîtes de réception, et le téléphone devient un jeu de cache-cache. Cette situation s’avère très frustrante pour presque tous les intéressés. Des élèves aux administrateurs, l’incapacité à établir rapidement un contact se révèle l’un des plus gros écueils de l’apprentissage à distance. L’enseignante ontarienne Jennifer Pouw exprime l’opinion de bon nombre de ses collègues : « Je n’arrive pas à m’éloigner des plateformes. Je suis terrifiée par la crainte de manquer un message d’un élève qui a besoin d’aide ou de voir ce message des heures plus tard, alors que l’élève n’a plus accès à un ordinateur ou n’a plus le temps de faire son devoir. » Les délais supplémentaires obligent certains enseignants à prolonger considérablement leurs heures de travail. Plusieurs affirment qu’ils se connectent dès leur réveil et ne se déconnectent que le soir, au moment de se coucher. Les réunions sur Zoom, le courriel, le téléphone, la planification et l’évaluation forment un cycle qui les accapare du matin jusqu’au soir.
  • Troisièmement, beaucoup d’enseignants, en plus de s’adapter à un nouveau mode de prestation pédagogique, doivent prendre soin de leurs propres enfants et, dans certains cas, de leur conjoint et de leurs parents. Voici comment Holly Healey, conseillère d’orientation à Terre-Neuve, décrit sa journée : « Je jongle entre mon enfant et mon travail. Mon mari travaille à l’extérieur et mes parents sont âgés, alors je dois surveiller mon fils d’un an et trouver le temps d’assister aux réunions en ligne du personnel ou du conseil scolaire, tout cela en m’occupant de mes élèves. » Au bout du compte, le souci d’aider leurs élèves amène des enseignants à travailler toute la journée, sans avoir le temps ou presque de prendre soin d’eux-mêmes et de leur famille.

La communication : à quoi s’attendre?

Quand les écoles ont fermé, la plupart des enseignants ont souffert d’un manque d’orientation de la part de leur ministère provincial de l’Éducation et de leur conseil scolaire. Les réunions virtuelles organisées par les pouvoirs publics se multipliaient, mais les étapes à venir demeuraient souvent floues. Il faut admettre que la pandémie nous a fait pénétrer dans un territoire inexploré et qu’il est compliqué de planifier une démarche sans savoir où l’on va. Il n’en reste pas moins que les provinces ont mis beaucoup de temps à décider si leurs écoles allaient rouvrir ou demeurer fermées. Les conseils scolaires tergiversaient à savoir s’il fallait annuler la remise des diplômes, tout en disant aux administrateurs et aux conseillers d’orientation de s’attendre à un retour à la normale pour septembre et de planifier la rentrée en conséquence. Après avoir dit aux enseignants de préparer un curriculum conséquent, on les a informés que, même s’ils devaient évaluer les travaux d’élèves, les notes d’avant la pandémie demeureraient inchangées ou seraient rehaussées si les travaux indiquaient une amélioration. Pour une profession qui a besoin d’ordre, les enseignants trouvent très frustrante cette confusion qui marque la nouvelle approche pédagogique.

La santé mentale et la dynamique familiale

La grande majorité des enseignants s’inquiètent énormément du bien-être mental de leurs élèves. Si beaucoup d’élèves font preuve d’une admirable résilience, d’autres souffrent grandement de l’isolement qui découle de la distanciation physique et du confinement à la maison. Les conseillers d’orientation et les agents de soutien aux élèves entendent ce genre de préoccupations tous les jours. Certains élèves travaillent à temps plein pour combler le manque à gagner qui résulte de la perte d’emploi subie par un de leurs parents – ou par les deux. Une fois rentrés, ces élèves suivent leurs cours à distance jusqu’à tard le soir. Les élèves de la fin du secondaire disent ressentir davantage d’anxiété face à leur admission aux études postsecondaires, car certains collèges et universités n’ont rien changé à leur mode de sélection des étudiants tandis que d’autres – telle l’Université Memorial, à Terre-Neuve-et-Labrador – ont informé les étudiants de leur intention de modifier leur processus d’admission afin d’éviter que les candidats soient indûment affectés par l’impact de la crise de santé publique. Pendant ce temps, des situations difficiles liées au chômage, à la toxicomanie, à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire continuent d’affecter la vie de nombreux élèves sans qu’ils puissent compter sur l’école pour leur apporter un peu de répit et sur un personnel de soutien qui semble injoignable.  

Des enseignants s’inquiètent également des élèves qui semblent avoir complètement délaissé le modèle pédagogique en ligne. Les appels de suivi révèlent un manque de motivation à faire du travail scolaire; plusieurs élèves disent : « Si les travaux ne comptent pas de toute façon, à quoi bon? » Et qu’en est-il des élèves que les enseignants n’arrivent pas à rejoindre? Dans l’ensemble, les enseignants, les conseillers d’orientation et les administrateurs relèvent que l’un des problèmes fondamentaux de l’école à distance est l’absence de mesure réelle de l’état affectif des élèves. Est-ce que ceux qu’on a rejoints s’efforcent seulement de faire bonne figure? Ceux qui parlent ouvertement de leur anxiété sont-ils davantage à risque qu’ils ne le laissent entendre? Quant à ceux qui ont complètement disparu de l’écran radar et qui seraient normalement des visiteurs réguliers du bureau des services aux élèves, leur situation est-elle critique? Personne ne le sait vraiment.

L’avenir

Globalement, les enseignants et les élèves disent souhaiter la même chose : le retour à l’école, le retour à la communauté scolaire, le retour auprès des autres. Comme le dit Domenica Di Capua, enseignante à Mississauga : « Même le programme d’apprentissage en ligne le mieux planifié, offert dans des circonstances idéales, ne pourrait ni reproduire ni remplacer la qualité, la sécurité affective et l’engagement associés aux interactions directes entre le personnel et les élèves. » Un conseiller d’orientation de Terre-Neuve ajoute : « Il me manque désespérément ce contact humain qui est un élément si essentiel de l’établissement d’une relation, en particulier pour le counseling, mais aussi en classe. » L’école à distance s’accompagne d’une foule de défis pour les enseignants et les élèves, mais les aspects positifs compensent largement les points négatifs. La crise de la COVID-19 a permis à toutes les parties d’apprécier pleinement l’interaction en personne que seule l’école est à même d’offrir. Elle démontre aussi que l’apprentissage se construit sur des relations et non sur la technologie, ce qui est devenu une évidence flagrante immédiatement après la fermeture des écoles. À n’en pas douter, les leçons retenues de l’apprentissage à distance seront mises à profit dès le retour général à l’école, mais c’est le sentiment de communauté qui permettra à l’apprentissage de reprendre de plus belle. Interrogée sur les tribulations qu’a connues la scolarité pendant la pandémie, Danielle Howlett, directrice adjointe d’une école de Caledon, en Ontario, répond : « La capacité des membres de la communauté à s’épauler les uns les autres, à s’entraider, à parler avec plus de sincérité de leurs sentiments et de leurs expériences et de faire montre d’empathie a été une source de renforcement et de réconfort. La gratitude et la compréhension dont les gens font preuve n’était pas aussi évidente avant que tout cela nous arrive. » C’est peut-être un cliché de dire que le but de tous les enseignants est de toujours être là pour leurs élèves, mais au printemps 2020, c’est un fait de la vie.


En première ligne : le point de vue des conseillers

En temps normal, pendant les heures d’école, ils savent où me trouver s’ils ont besoin de moi. Les circonstances actuelles sont vraiment très problématiques. En général, quand ils finissent par me joindre, la situation est devenue beaucoup plus grave que si j’avais pu entrer en contact avec eux plus tôt.

Wanda Pelley, Conseil scolaire anglophone de Terre-Neuve-et-Labrador

Bien des enfants comblent leurs besoins en matière de mieux-être mental en venant à l’école et en côtoyant des gens qui se soucient d’eux. Quand cette intervention n’est plus intégrée et qu’il y a des stress extérieurs en plus, ça devient extrêmement difficile.

Jason Arsenault, Conseil scolaire catholique du district de Dufferin-Peel

Les élèves ne font pas appel à moi de la même façon qu’à l’école. En une journée, plus d’une douzaine d’élèves pouvaient me demander conseil; ça n’arrive plus maintenant. Est-ce que c’est parce qu’ils n’ont pas besoin de soutien ou à cause du modèle d’accès distant? Quand je joins mes élèves, leurs réponses sont très brèves.

Yvonne Smith, Conseil scolaire anglophone de Terre-Neuve-et-Labrador

C’est tout un défi que de rejoindre les élèves. Je téléphone vers 11 heures ou midi… et les parents me répondent que leur enfant ne se lève pas avant 14 ou 15 heures. Le simple fait d’essayer de les joindre et d’établir un contact est un véritable défi.

Anna Macri, Conseil scolaire catholique du district de Dufferin-Peel

Pour moi, le counseling à distance est tout juste tolérable pour le moment. C’est très difficile de s’assurer que l’élève bénéficie d’une certaine confidentialité de son côté, et beaucoup d’environnements familiaux se prêtent mal au counseling téléphonique. J’espère que la situation va revenir à la normale en septembre.

Kathryn Penton, Conseil scolaire anglophone de Terre-Neuve-et-Labrador

Je suis très fière de la façon dont mes élèves font face à la situation. L’apprentissage en ligne et la distanciation physique sont sûrement pénibles pour eux. La majorité de mes élèves ont dépassé mes attentes, compte tenu des problèmes que pose l’état actuel du monde.

Nicola McNamee, Conseil scolaire catholique du district de Dufferin-Peel

Ce qu’il y a de formidable dans le métier d’enseignante, c’est le lien que nous avons avec les élèves et le personnel. C’est le fait de commencer chaque journée en sachant qu’il va arriver des choses nouvelles et différentes, c’est le fait d’avoir des conversations imprévues. L’apprentissage à distance est tellement axé sur la planification du travail, la création d’horaires et la gestion des personnes qu’il devient presque impossible d’établir des liens significatifs.

Mary Vena, Conseil scolaire catholique du district de Dufferin-Peel

Je crois que le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a fait un travail phénoménal en réaction à la crise de santé publique. Les deux conseils scolaires ont très bien réagi en privilégiant la santé et la sécurité à l’école. Toutefois, la situation limite gravement ma capacité à établir le contact avec mes élèves. Je me sens impuissant à plus d’un titre, car notre « pain quotidien », ce sont les interventions sur place, en personne, auprès des élèves.

Trent Langdon, Conseil scolaire anglophone de Terre-Neuve-et-Labrador

Le counseling n’est pas censé se faire à distance ou à l’ordinateur. Il est censé se faire en personne, dans la sécurité du bureau d’orientation.

Natalie Meier, Conseil scolaire catholique du district de Dufferin-Peel

L’aspect le plus encourageant qui émerge de la situation actuelle est la rapidité avec laquelle les collègues se sont regroupés pour trouver des moyens de s’épauler mutuellement.

Paula Nevins, Conseil scolaire catholique du district de Dufferin-Peel


Par Sean Dolan