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Tout le soutien nécessaire

Des programmes pour aider les femmes à décrocher leur emploi de rêve

Partout au Canada, les collèges et les universités concrétisent l’idée que les femmes peuvent travailler dans tous les secteurs de l’économie en proposant des programmes et des ressources qui lèvent les obstacles et réalisent les rêves. Il s’agit autant de mesures incitatives au choix d’un programme en particulier que de bourses d’études. Rares sont les établissements qui ne font rien pour aider leurs étudiantes. Voici quelques exemples parmi un grand nombre. 

Collège Algonquin 

Déjà très au fait des statistiques, la direction du Collège Algonquin a rapidement constaté que les femmes étaient sérieusement sous-représentées en sciences, technologie, génie et mathématiques (STGM). Elle a donc décidé d’agir, créant en 2018 un programme appelé « We Saved You a Seat » par lequel elle s’engageait à réserver aux candidates qui répondraient aux critères d’admission 30 % des places dans les programmes menant à un diplôme en sciences et en technologie. Les chercheurs estiment en effet que ce pourcentage est le point de bascule, qui permettrait aux étudiantes de se sentir à l’aise dans des programmes d’études à prédominance masculine. 

D’entrée de jeu, le Collège était prêt à répondre aux allégations de discrimination inversée. Sarah Gauen, spécialiste de la diversité et de l’inclusion de l’établissement, a donc insisté sur le fait qu’aucun candidat admissible ne perdrait sa place. « Il s’agit en réalité d’offrir une excellente formation à toute personne qui fréquente notre établissement. » We Saved You a Seat visait notamment les programmes de génie électrique, de technologie du génie mécanique, de génie électromécanique, de technologie des systèmes informatique et de technologie des lignes électriques. L’initiative comporte mentorat et aide financière. Pour Kathryn Reilander, enseignante au programme de génie électrique, le Collège a « créé un milieu dynamique et inclusif. Tout le monde y contribue : président, doyens, chefs de département, personnel enseignant, spécialistes de l’assistance aux étudiants, conseillers d’orientation. » De fait, le nombre d’admissions augmente et les femmes sont de plus en plus nombreuses à choisir la stabilité et les avantages économiques que procure l’exercice d’un métier spécialisé. 

Collège Conestoga 

Depuis vingt ans, le Collège Conestoga offre aux étudiantes des programmes de formation préalable à l’apprentissage en charpenterie-menuiserie, une mesure que le gouvernement de l’Ontario (par l’entremise du ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, Direction de la condition féminine) a bonifiée en assumant les droits de scolarité de toute candidate admissible au programme. Le Collège peut donc offrir gratuitement aux femmes une formation préalable à l’apprentissage en charpenterie-menuiserie, en vertu d’une initiative appelée Women in Skilled Trades. Le programme comprend un stage rémunéré au cours duquel les étudiantes bénéficient d’une formation en milieu de travail auprès d’un compagnon ou d’une compagne. 

Pourquoi cette collaboration entre le gouvernement et le Collège? La réponse est simple : parce que les femmes représentent une main-d’œuvre
sous-employée dans une industrie qui a désespérément besoin de travailleurs. Des études montrent que d’ici 2025, il faudra plus de 70 000 personnes exerçant un métier du Sceau rouge pour remplacer les vétérans. Le Collège prend une longueur d’avance pour que les femmes qui veulent ces emplois puissent y accéder. Il prend aussi l’affaire très au sérieux, comme en témoigne ce programme appelé Jill of all Trades, destiné à montrer aux élèves du secondaire de sexe féminin ce qu’est une carrière dans un métier spécialisé. Il s’agit de promouvoir la participation des femmes afin de changer le visage et la perception de l’industrie. 

Collège NorQuest

En 2010, le Collège NorQuest d’Edmonton a conclu qu’il était temps de prioriser la promotion des femmes. En plus de chercher des moyens d’encourager celles-ci à jouer davantage des rôles de leaders dans la société, des esprits novateurs ont décidé d’étayer ces bonnes paroles par des ressources. Depuis 2010, un fonds de dotation appelé 1000 Women a recueilli quelque 3,5 millions $ auprès de généreux donateurs. L’argent a d’abord servi à aider les étudiantes qui ne pouvaient pas payer seules leurs études, et des bourses pouvant atteindre 1500 $ ont été créées à l’intention des étudiantes admissibles. Kayla B., étudiante à NorQuest, a saisi l’occasion : « C’est arrivé pendant une période difficile de ma vie. Je suis une maman seule et j’étudie. Ce sont les deux jobs les plus difficiles qu’on puisse avoir en même temps! » 

Une fois établi ce soutien de base, les responsables du fonds ont entrepris d’aménager sur le campus le 1000 Women Child Care Centre, une garderie où Natasha Korosi s’est empressée d’inscrire son fils. Savoir que l’on prenait soin d’Eli pendant qu’elle étudiait a changé sa vie, dit elle. « Ça m’a donné espoir, pas seulement pour moi, mais aussi pour l’avenir de mon fils. » 

1000 Women veut maintenant aider les étudiantes à poursuivre une carrière en STGM. Les responsables aimeraient pour ce faire recueillir plus de 3 millions $ et donner à 150 femmes la possibilité de s’inscrire à un programme de ce type et de briller sur le marché du travail. L’égalité d’accès aux formations et aux carrières en STGM contribuera à combler l’écart de rémunération entre hommes et femmes, la main-d’œuvre sera plus diverse et les perspectives économiques des femmes s’en trouveront améliorées, au profit de tous. Le message véhiculé par le fonds 1000 Women est clair : levez les barrières qui les empêchent d’étudier et de réussir, et voyez les femmes prospérer. 

Université de l’Alberta

À À quelques encablures de ses amis du Collège Norquest (et sur l’autre rive de la rivière Saskatchewan Nord), l’Université de l’Alberta encourage également les jeunes femmes à choisir une carrière en STGM, mais en proposant aux jeunes élèves du secondaire le FEM+ Engineering Mentorship Program. Pourquoi en génie? Surtout parce que les femmes ne représentent que 14 % de la main-d’œuvre en ce domaine. FEM+ contribue à l’objectif « 30 en 30 » qu’a fixé l’organisme Ingénieurs Canada pour le domaine du génie, c’est-à-dire une main-d’œuvre composée à 30 % de femmes d’ici 2030. FEM+ est un programme de mentorat de sept mois entre des élèves du secondaire et des étudiantes de l’Université. Un mentorat entre « presque paires » disent les responsables. Ania Ulrich, professeure de génie civil et de génie de l’environnement et première directrice du département, explique : « La clé, c’est le modèle du mentorat entre presque paires. Les filles du secondaire sont jumelées à des étudiantes en génie de premier cycle et non pas avec des femmes d’âge moyen comme moi. » Elles assistent à des séances d’information et participent à des activités sociales qui les aident à déterminer si le génie est bien le domaine qui leur convient. En d’autres mots, FEM+ s’adresse à toutes les jeunes filles qui souhaitent explorer les carrières qui s’offrent à elles et non pas seulement aux étudiantes en génie.  

Institut de technologie de la Saskatchewan 

Voilà 30 ans que l’Institut fait beaucoup pour encourager les femmes à choisir un métier spécialisé. Précurseur, l’établissement s’efforce depuis longtemps de rendre tous les domaines, du génie à la plomberie ou à la charpenterie-menuiserie, plus accessibles aux femmes. « Ces métiers sont considérés comme des professions masculines, ce qui est assez intimidant pour les femmes, d’autant qu’elles n’ont pas beaucoup de modèles sous les yeux », explique Jessica Baldwin, animatrice d’un programme de l’Institut appelé Women in Trades and Technology (WITT). WITT fait tout en son pouvoir pour stimuler et maintenir la participation des jeunes femmes à ses programmes : bourses, tutorat, mentorat, réseautage et développement de carrière. Dans la mesure du possible WITT offre des ateliers dirigés par des femmes. Jessica B. y a participé. L’atelier de soudure qu’elle avait choisi l’a aidée à tracer son cheminement professionnel : « J’ai découvert des carrières auxquelles je n’aurais jamais pensé avant », dit-elle. L’Institut figure toujours parmi les grands champions de la présence des femmes dans les métiers spécialisés. 

Université de Waterloo

L’Université de Waterloo fait une promotion très dynamique des femmes dans ses facultés, par l’intermédiaire de plusieurs groupes, présentés ci-dessous. 

Waterloo Women Leading Academia – Ce groupe dirigé par des étudiantes encourage les jeunes femmes à choisir une carrière dans le monde universitaire et à devenir des leaders de leur domaine. Le programme offre des services de mentorat aux étudiantes au baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat. 

Women in Engineering – Créé en 1992, Women in Engineering (WiE) aide les actuelles étudiantes en génie et celles qui les ont précédées à réussir leur carrière. En effet, la recherche montre que malgré le nombre encourageant d’admissions dans les programmes de STGM, les femmes ont du mal à passer de la formation à la vie professionnelle. Des groupes comme WiE font tout ce qu’ils peuvent pour soutenir ces étudiantes. Ils ont aussi des programmes de promotion à l’intention des élèves du secondaire et du primaire. 

Women in Computer Science – Puisque les femmes ne représentent que 20 % des spécialistes en informatique (et ne gagnent que 94 cents contre un dollar chez les hommes), Waterloo’s Women in Computer Science (WiCS) s’est donné pour tâche de renforcer le pouvoir d’action des étudiantes. Le groupe fait la promotion de ses programmes, s’efforce de procurer aux étudiantes un milieu d’apprentissage sûr et leur fait connaître des acteurs du secteur de l’informatique. 

Women in Mathematics – L’organisme Waterloo’s Women in Mathematics (WiM) insiste volontiers sur ce fait : les femmes sont sous-représentées en mathématiques, depuis l’admission jusqu’aux postes d’enseignement dans les universités. Son objectif, comme celui des autres groupes, est de défendre la cause des femmes, valoriser à leurs yeux le programme d’études en mathématiques et combler l’écart entre les sexes pour que la représentation des femmes soit le reflet de leur position démographique dans l’ensemble de la population canadienne. 

L’Université de Waterloo prêche par l’exemple. Dès qu’un département cherche à accroître la représentation des femmes, à rehausser le sentiment de sécurité et de confort des étudiantes et à promouvoir le mentorat pour aider ces dernières à réussir, l’établissement lui prête main forte sur les plans financier et administratif.

Profitez des ressources offertes!

Encouragez vos étudiantes à profiter des ressources qui leur sont offertes pour faire carrière dans des professions qui ont longtemps été dominées par les hommes. L’économie canadienne a besoin de ce type d’exploration parce que les femmes (et divers autres groupes) forment un segment de la population qui peut atténuer la pénurie de main-d’œuvre qui guette certains secteurs. La participation des femmes à tout ce qui compose l’économie va aussi contribuer à démanteler les stéréotypes et finira bien par combler l’écart salarial qui perdure entre les hommes et les femmes. 

Par : Sean Dolan