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Agroalimentaire : tout un buffet de carrières

L’agroalimentaire nourrit de multiples passions. Même si vous n’êtes pas tombé dedans étant petit.

Du champ à la fourchette, l’agroalimentaire offre un vaste éventail de débouchés professionnels. C’est l’un des principaux employeurs au Canada, ce qui en fait en outre un volet important de l’économie du pays. Sans compter que nos collèges et instituts suivent de près les tendances et l’évolution de la technologie afin de rendre leurs étudiants compétitifs sur le marché global.

Selon le site Web d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, ce secteur emploie un Canadien sur huit, ce qui représente environ 2 300 000 emplois.

Du Collège Holland, sur l’Île-du-Prince-Édouard, au Collège Camosun, sur la côte ouest, vous trouverez des programmes d’études qui englobent les arts culinaires, la production et la transformation des aliments, la culture et l’élevage ainsi que la gestion d’une agroentreprise.

Amy Proulx, Ph. D., CCHP, professeure et coordonnatrice des programmes d’innovation culinaire et de technologie alimentaire à l’Institut canadien des produits alimentaires et viticoles du Collège Niagara, se reporte aux résultats d’une étude sur les besoins en main-d’œuvre récemment commandée par l’Université de Guelph. : « Selon le rapport, intitulé Planning for Tomorrow, 2.0,environ quatre emplois s’offrent à chaque diplômé d’un programme d’études en agroalimentaire. Par ailleurs, l’industrie s’oriente vers des emplois plus spécialisés, qui exigent des compétences à l’avenant. Or, les diplômés de notre programme d’innovation culinaire et de technologie alimentaire sont justement dotés d’un ensemble de compétences équilibrées. »

L’Institut canadien des produits alimentaires et viticoles est installé sur le campus de Niagara-on-the-Lake, au cœur de la région viticole par excellence du Canada. On peut y suivre des programmes d’un an qui mènent à un certificat en gestion d’une entreprise viticole, en distillation artisanale et en arts de la boulangerie et de la pâtisserie. D’autres programmes, d’une durée de deux ans, mènent à un diplôme, notamment en pratiques brassicoles et gestion de brasserie. Sur le campus même, les étudiants travaillent dans le vignoble, les jardins, les serres, le restaurant, la brasserie et la cave de vinification. Dès l’automne, ils pourront le faire aussi dans la première distillerie pédagogique du Canada.

Amy Proulx précise : « Nous constatons que la plupart des diplômés se dirigent vers la création de produits alimentaires et la recherche culinaire, ou vers des emplois en gestion de la sécurité alimentaire et assurance de la qualité. De fait, tous nos étudiants acquièrent de solides bases culinaires, qui leur permettent de créer des produits innovants. Mais nous insistons aussi beaucoup sur la formation à l’innocuité alimentaire, offerte en particulier grâce à notre partenariat avec SGS Canada. C’est un cours grâce auquel les étudiants sont en mesure d’appliquer dès la fin de leurs études le système d’analyse des risques et de maîtrise des points critiques. Ce que j’apprécie particulièrement de notre communauté d’étudiants et d’anciens, c’est cette passion commune et authentique pour les aliments et la fabrication de produits délicieux et de grande qualité. Au bout du compte, les étudiants sont ravis de travailler dans ce domaine. C’est d’ailleurs un environnement extraordinaire. Et le fait de travailler avec ces jeunes leaders de demain me rend très optimiste quant à l’avenir de l’industrie alimentaire canadienne. »

À Winnipeg, l’Institut Paterson GlobalFoods du Collège de Red River offre des programmes d’arts culinaires et d’hôtellerie dans les installations les plus modernes qui se puissent trouver. Le premier est un programme de certificat, qui porte sur les habiletés techniques et sur les pratiques commerciales. Il englobe la manipulation des aliments et les premiers soins. Les étudiants en pâtisserie apprennent à cuisiner des pains, des pâtisseries et des desserts délicieux, et le restaurant gastronomique sur place leur donne la possibilité d’exercer leur future profession.

À l’autre bout du pays, l’Institut culinaire du Collège Holland de l’Île-du-Prince-Édouard offre, sur son campus de Charlottetown, des programmes de formation de calibre mondial en arts culinaires et hôtellerie, récemment enrichis grâce à des travaux de rénovation et d’expansion de 7,5 millions de dollars. Les étudiants créent les plats servis dans le restaurant et la salle de banquet à partir de produits frais, cultivés dans la province. Professeurs et étudiants ont été primés à l’échelle nationale et internationale.

Le certificat de cuisinier professionnel (PC, selon l’abréviation anglaise) décerné par le Collège Camosun de Victoria, en Colombie-Britannique, est l’un des programmes de formation professionnelle désigné « Sceau rouge » les plus populaires au Canada. Le programme PC-1, d’une durée de 28 semaines, prépare les étudiants à travailler dans un restaurant familial, un hôtel ou un autre établissement du genre. Le programme PC‑2 dure 14 semaines et leur assure les compétences qu’il faut pour travailler dans un hôtel ou un restaurant de grande classe. Les étudiants sont alors admissibles au Programme du Sceau rouge.

Compte tenu de la popularité croissante des camions de cuisine de rue, le Collège Mohawk, de Hamilton, a lancé un programme d’études sur la gestion des services de restauration mobile, composé de six cours et menant à un certificat. Le but est que les étudiants acquièrent assez de connaissances pour exploiter leur propre camion-restaurant.

Toujours en Ontario, le Collège Algonquin propose un programme unique, axé sur la culture autochtone. Dans une atmosphère de spiritualité et de sensibilisation culturelle, les étudiants apprennent la façon d’apprêter les aliments traditionnels, le maniement des couteaux, les principes nutritionnels et la gestion d’une entreprise.

Le Centre des sciences de l’alimentation du Collège Portage, situé dans le nord de l’Alberta, offre aussi des programmes d’arts culinaires.

Le Centre d’alimentation du Collège Durham, à Whitby, en Ontario, comprend un bistro haut de gamme, où les étudiants préparent les repas sous l’œil des clients.

Pour ce qui est de l’optique administrative, rappelons que le Collège communautaire Assiniboine (CCA) de Brandon, au Manitoba, offre un programme de deux ans combinant gestion, technologie et agriculture en une formation complète qui aborde l’agronomie, les applications informatiques, la production animale, les ventes et le marketing, la gestion des affaires et le service à la clientèle.

James Ellis enseigne à l’École de gestion, d’agriculture et d’environnement du CCA. Il explique : « Tous nos étudiants ne viennent pas d’une famille d’agriculteurs; d’ailleurs, ce n’est pas nécessaire pour travailler dans ce domaine. De toute façon, même si vous avez vécu sur une ferme, vous n’aurez peut-être pas appris tout ce qui concerne les progrès technologiques et scientifiques, les éléments financiers et la gestion la carrière. Tout évolue. Il faut une formation. »

Au terme du programme, les diplômés seront en mesure de travailler dans des secteurs divers, dont la gestion d’une exploitation agricole, l’approvisionnement en produits pour le bétail, des organismes gouvernementaux, le secteur bancaire et d’autres.

Trois établissements – le Collège Fanshawe, dans le sud-ouest de l’Ontario, l’Université de la Vallée du Fraser et le Collège Olds, en Alberta –, offrent aussi des cours en gestion d’exploitation agricole.

Les étudiants qui aiment fouler la terre ou travailler avec des animaux seront intéressés par le programme de sciences agricoles du Collège Lakeland, également en Alberta : ils y trouveront une exploitation de quelque 2100 acres de terre gérée par les étudiants, où vivent un troupeau de moutons et quatre troupeaux de bovins.

Le Collège Olds est lui aussi doté d’une ferme-campus, où les étudiants abordent l’industrie par l’expérience directe.

Le Collège du Yukon travaille avec des partenaires de l’industrie à trouver des solutions aux problèmes d’alimentation et à améliorer la sécurité alimentaire au profit des populations nordiques.

Les étudiants en sciences agricoles du Collège de Lethbridge, en Alberta, peuvent faire une majeure en sciences des plantes et des sols ou en sciences animales.

Byrne Cook, directeur du département, explique : « Je crois qu’il est important que les étudiants acquièrent des rudiments de sciences pour savoir comment et pourquoi les technologies et produits nouveaux peuvent modifier leurs activités. La formation leur ouvre beaucoup de portes et leur donne beaucoup plus de flexibilité que leur actuelle perception de l’agriculture leur laisse croire. »

« Le programme de sciences agricoles du Collège de Lethbridge n’a pas d’exploitation agricole, mais offre quelque chose de mieux encore : nous enseignons la science de l’agriculture. Nous expliquons aux étudiants les raisons de nos interventions au regard de la production végétale et animale, et les effets des changements de techniques, d’équipement ou de méthodes de commercialisation. Notre établissement est à trente minutes de toutes les principales unités de production animale ou végétale que vous pourriez nommer, y compris les groupes de préparation, de distribution et de commercialisation. Nos étudiants visitent d’ailleurs plus de 35 de ces partenaires chaque année et participent à leurs activités. Nous recevons des conférenciers, nous organisons des congrès, nous offrons un programme d’entrepreneurs-résidents et un partenariat avec le Centre de recherche et de développement de Lethbridge (Agriculture et Agroalimentaire Canada), qui est le plus vaste établissement du genre au Canada. Nous entretenons des liens avec nombre d’anciens, qui ne demandent qu’à faire part de leur expérience. Voilà pourquoi nous parlons de sciences de l’agriculture. »

Les diplômés du programme exercent des carrières prospères dans tous les secteurs de l’agroalimentaire.

« Nos anciens travaillent dans tous les secteurs de l’agriculture auxquels vous pourriez penser. J’ai tendance à croire qu’il existe bien peu de tâches pour lesquelles personne ne serait disposé à payer. Pensons entre autres à la production végétale et animale primaire, à l’industrie des services, depuis le dépistage en culture jusqu’à la vente d’engrais, en passant par les services bancaires, l’inspection des aliments, la commercialisation de céréales et de bétail, la gestion d’associations de producteurs et d’organismes gouvernementaux, les marchés de producteurs directs et le commerce mondial. Les possibilités d’emploi sont carrément illimitées », assure M. Byrne. L’avenir de l’agroalimentaire est brillant, grâce entre autres aux étudiants du Canada.

Par Jackie Fritz