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Du champ au frigo

Des établissements membres de CICan préparent la relève canadienne en production et en transformation alimentaire

L’humain aura toujours besoin de se nourrir pour survivre. Les possibilités d’emploi en production alimentaire abondent au Canada, et de nombreux établissements collégiaux ne demandent qu’à former de nouvelles cohortes aux toutes dernières façons de faire.

Technologie alimentaire, transformation alimentaire, production vinicole et brassicole, transformation de la viande, production laitière – quelque part au pays, un collège ou un institut propose l’un ou l’autre de ces programmes.

Au Centennial College de Toronto, en Ontario, le programme Technologie des sciences alimentaires pourra intéresser les étudiants forts en chimie et en biologie. Ce programme avancé de trois ans menant à un diplôme enseigne tout ce qu’il faut savoir pour procéder à la préservation, à la transformation, à l’emballage et à la distribution d’aliments sains et nutritifs. Dès la fin de leurs études, les diplômés peuvent travailler dans une foule de secteurs, dont ceux de la salubrité alimentaire, de l’assurance qualité, des ventes techniques et de la transformation alimentaire. Le travail d’un technologue en alimentation peut consister, par exemple, à participer à la création de nouveaux types d’aliments ou de saveurs. La rémunération annuelle d’un technologue en alimentation peut se situer entre 40 000 $ et 60 000 $, voire plus, selon le secteur d’emploi.

Toujours en Ontario, sur le campus de Cambridge du Conestoga College, le programme Technique de transformation alimentaire s’intéresse plutôt au côté mécanico-industriel des choses. On y reçoit une formation à la fois théorique et pratique sur les systèmes mécaniques et la maintenance industrielle, de même que sur la salubrité des aliments, le nettoyage et l’assainissement de l’équipement et les bonnes pratiques de santé et de sécurité au travail. Ce programme de deux ans menant à un diplôme prépare les étudiants à occuper un emploi hautement spécialisé en transformation alimentaire, comme ceux de mécanicien d’entretien ou d’opérateur de machine. Les salaires commencent dans une fourchette de 14 $ à 20 $ l’heure et augmentent avec l’expérience et les attestations. Le Conestoga College indique qu’environ 80 % de ses diplômés récents avaient trouvé un emploi dans un intervalle de six mois.

Le secteur brassicole a explosé ces dernières années; les brasseries artisanales ont littéralement poussé comme des champignons partout au pays. À Langley, en Colombie-Britannique, le programme Brassage et exploitation de brasserie de Kwantlen Polytechnic est reconnu par la Master Brewers Association pour le caractère exemplaire de la formation qu’il dispense; il est le premier au Canada à recevoir cette distinction. Les étudiants inscrits à ce programme de deux ans menant à un diplôme étudient l’histoire du brassage, le matériel et les technologies utilisés, l’embouteillage et la vente, de même que les calculs à faire en salle de brassage, la chimie du brassage et les formulations de recettes. Un artisan brasseur gagnera entre 30 000 $ et 60 000 $ par année; sa rémunération augmentera sensiblement s’il poursuit sa formation pour devenir maître-brasseur. La majorité des étudiants du programme de Kwantlen Polytechnic reçoivent des offres d’emploi avant même d’être diplômés.

Établi sur un campus du Niagara College, le Canadian Food and Wine Institute regroupe un vignoble, une houblonnière, des jardins et une serre en plus de deux exploitations à vocation pédagogique (dont une vinerie-école, la seule au Canada titulaire d’un permis d’alcool). Les formations en viticulture comprennent le certificat post-diplôme Exploitation d’entreprise vinicole et le programme Techniques de vinerie et de viticulture. Côté bière, le programme Maître-brasseur et exploitation de brasserie propose aux étudiants de parfaire leur art dans une microbrasserie-école à aires ouvertes de 1500 pieds carrés, dotée notamment d’un imposant système d’une capacité de 1000 litres et d’un atelier plus modeste où le nectar peut être brassé un fût à la fois. 

Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, la rémunération des travailleurs du secteur brassicole figure parmi les plus élevées de l’industrie de la transformation d’aliments et de boissons.

C’est bien connu, pas de bon vin sans bon raisin! D’où le programme Technique de viticulture (programme menant à un diplôme) de l’Okanagan College, où l’on apprend à concevoir, à aménager, à planter et à cultiver un vignoble de qualité. Le programme est orienté vers l’apprentissage de pratiques durables qui tiennent compte de la perpétuelle évolution des conditions de culture. Les sujets couverts comprennent la gestion de la surface foliaire, la taille et le palissage de la vigne, la lutte contre les ravageurs, l’évaluation sensorielle, la santé et la sécurité au travail ainsi que le matériel d’exploitation. Un stage donne aux étudiants l’occasion de mettre leurs apprentissages en pratique dans un véritable contexte de travail.  

Vous êtes-vous déjà demandé comme le lait passe de la ferme à votre frigo? Eh non, il ne suffit pas de traire la vache! En Alberta, des étudiants du Lakeland College exploitent une ferme laitière de 280 têtes sur un site de formation de plus de 46 000 pieds carrés équipé de systèmes de traite traditionnels et robotisés. Leurs cours portent sur la gestion des veaux, l’alimentation et la nutrition des troupeaux, le confort des animaux, les logiciels d’exploitation laitière et la gestion du fumier. Un technicien en production laitière peut espérer gagner entre 40 000 $ et 60 000 $ par année.

L’Olds College a aussi une ferme-école; la sienne accueille les étudiants du certificat en Transformation de la viande, d’une durée de 15 semaines. Ce programme extrêmement complet est l’un des deux seuls au monde à couvrir tout le cycle de production de la viande, de l’abattage sans cruauté jusqu’aux techniques de salaison. Après quatre cours de base – Coupe de viande, Transformation à valeur ajoutée, Salubrité et assainissement et Communications dans l’industrie de la viande, les étudiants peuvent se spécialiser dans l’un de deux domaines, soit l’abattage de bétail ou le marchandisage et la commercialisation de la viande. Un boucher débutant aura normalement un salaire avoisinant 25 000 $ par année pour commencer. Expérimenté, il pourra gagner jusqu’à 50 000 $, voire plus.

Bref, pour qui songe à une carrière en production alimentaire, l’offre des collèges et instituts canadiens ouvre tout un menu de perspectives.

Par Sharon Frederick