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Faire son bac… au collège?

Les diplômes d’études appliquées offerts par les collèges et instituts comblent un créneau très important

Pour bien des gens, les études universitaires sont hors de portée, que ce soit pour des raisons financières ou géographiques. Or, l’université n’est pas le seul chemin qui mène à un grade.

Eh oui! De nombreux collèges et instituts des quatre coins du Canada offrent des baccalauréats et même des certificats d’études supérieures dans un vaste éventail de domaines comme la technologie, la médecine, les communications, l’administration des affaires et bien plus.

Vu cette abondance de programmes de qualité dans les collèges, les étudiants qui visent un grade ont l’embarras du choix. Souvent, dans ces établissements, les groupes sont de plus petite taille, ce qui facilite les interactions entre les étudiants et les professeurs. Les collèges élargissent aussi la gamme des options disponibles sur le plan géographique. Enfin, ils entretiennent généralement de solides relations avec des employeurs potentiels qui participent au perfectionnement des programmes et offrent des stages permettant d’accumuler de l’expérience pratique.

Margaret Cusson, doyenne responsable de la qualité des programmes au Collège Algonquin (Ottawa), explique l’émergence de cette tendance : « Tout a commencé il y a une vingtaine d’années de façon très naturelle, en réaction à des changements sur le marché du travail. De plus en plus d’employeurs exigeaient un grade dans un domaine précis. Ils souhaitaient que les diplômés aient à la fois des connaissances de haut niveau et les aptitudes professionnelles nécessaires pour s’adapter aux besoins de divers secteurs et industries en évolution constante, comme la technologie et la santé. De nombreuses associations professionnelles ont aussi commencé à exiger des grades pour l’exercice de certaines professions. C’est le cas, par exemple, pour les décorateurs d’intérieur en Ontario. »

Thor Borgford, vice-président aux études au Collège Douglas de Vancouver, abonde dans le même sens. « Il y avait une forte demande de diplômes d’études postsecondaires, explique-t-il. Les universités ne pouvaient la combler à elles seules. Les collèges remplissent un créneau important en offrant des programmes appliqués qui sont mieux adaptés aux besoins du marché du travail que certains programmes traditionnels ou généraux. »  

Il y a beaucoup d’avantages à choisir un programme menant à un grade dans un collège ou un institut.

« Nos classes, au lieu de regrouper des centaines d’étudiants, se limitent souvent à 35-40 personnes, explique M. Borgford. Les droits de scolarité au Collège Douglas sont généralement beaucoup moins élevés que dans les établissements de recherche, mais la qualité de l’enseignement et de l’expérience étudiante est la même. Nos diplômés sont très satisfaits de leur grade, et le pourcentage de personnes qui trouvent un emploi dans leur domaine d’études est extrêmement élevé, comme en témoignent nos sondages réguliers. »

« Beaucoup des programmes de collèges menant à un grade ne sont typiquement pas offerts dans les universités, ajoute Mme Cusson. Ces programmes ont la particularité de vraiment mettre l’accent sur le bagage de connaissances avancées, d’expérience et de compétences professionnelles si recherché par les employeurs. Dans tous les collèges de l’Ontario, les programmes qui mènent à un grade ont une composante d’apprentissage intégré au travail qui se traduit souvent par un stage coop ou autre. Les étudiants ont ainsi l’avantage d’appliquer en milieu de travail la matière apprise en classe et d’acquérir des compétences qui ne s’apprennent pas sur les bancs d’école. Ils peuvent aussi nouer des relations et confirmer qu’ils ont choisi le bon domaine. Une fois leur diplôme en poche, ils font preuve d’une plus grande assurance dans leur recherche d’emploi. »

Les exigences d’admission aux programmes menant à un grade dans un collège varient d’une région à l’autre. Pour la plupart, elles sont comparables à celles des universités. Toutefois, les personnes qui ne satisfont pas à ces exigences ont généralement l’option de suivre un programme d’appoint dans l’établissement de leur choix.

Tant au collège qu’à l’université, il faut travailler fort et agir de façon responsable pour obtenir un grade. Les deux types d’établissements exigent le même effort, mais vu l’accent que mettent les collègues sur les relations avec l’industrie et les stages, leurs diplômés ont parfois plus de facilité à se trouver un emploi.

« Les normes qui régissent les diplômes relèvent du provincial. Les étudiants (et leurs parents) peuvent être tranquilles : tout programme qui mène à un grade, qu’il soit offert dans un collège ou une université, répond aux mêmes critères provinciaux. Les étudiants devraient donc explorer la gamme des options disponibles et faire leur choix en sachant qu’en sortant d’un collège, ils seront fins prêts pour le marché du travail », explique Mme Cusson.

Comme les étudiants sont de plus en plus nombreux à poursuivre leur rêve de décrocher un grade, les collèges et instituts demeurent à l’écoute des leaders de l’industrie et continuent d’adapter et d’élargir leur gamme de programmes pour offrir la meilleure expérience scolaire possible.

Thor Borgford ne cache pas son enthousiasme : « C’est un excellent moment pour choisir le Collège Douglas, un établissement en pleine croissance qui fait les bons choix. Notre offre de programmes de qualité menant à un grade continue d’augmenter. Au cours de la dernière année, nous avons créé un baccalauréat en travail social, et en septembre, nous en lancerons un autre en administration des affaires, avec différentes concentrations. Au même moment, on sent, chez les employés, un nouveau dynamisme et une envie renouvelée de travailler à un but commun. Le tout se reflète dans l’ambiance extraordinaire dont profite notre population étudiante. » Bien sûr, le choix d’un collège ou d’une université pour un programme menant à un grade ne garantit pas à lui seul la réussite. Les étudiants devraient être encouragés à explorer toutes les options de formation postsecondaire et à choisir la carrière qui leur convient le mieux. 

Par Jackie Fritz