CIC 2018 French Articles

Voici Alex Villeneuve

Un étudiant imaginatif crée une entreprise grâce aux ressources de son collège

Quand Alex Villeneuve s’est inscrit au programme de formation de maîtres brasseurs et d’exploitants de brasserie du Collège Olds, il était loin de penser qu’à 19 ans à peine il allait devenir entrepreneur et créer une compagnie primée.

Au terme d’un secondaire en arts culinaires, Alex a poursuivi dans cette voie qui le passionnait par un apprentissage de cuisinier, puis a décidé de compléter le tout dans l’industrie brassicole.

Quelques jours après le début du programme, au Collège Olds, il a constaté que les céréales qui servaient à la fabrication de la bière étaient simplement jetées après usage. Il a immédiatement pensé que ce matériau était réutilisable.

« L’idée m’est venue dans les tout premiers jours du programme de formation de maîtres brasseurs et d’exploitants de brasserie. Dès que j’ai vu qu’on jetait carrément les céréales qui avaient servi au brassage, je me suis demandé si je ne pouvais pas plutôt les utiliser pour cultiver des champignons. J’avais fait un peu de myciculture dans des jardins communautaires et dans le cadre de projets d’arts culinaires au secondaire. C’est pour ça que j’ai fait le lien si rapidement », raconte Alex.

Quelques expériences dans le placard de sa chambre de dortoir l’ont convaincu que les céréales récupérées étaient, de fait, un excellent matériau de culture pour des champignons de choix comme le pleurote en huître. D’autres essais ont montré qu’étant donné les méthodes propres à la myciculture, ce « déchet » devenait un aliment très protéiné, idéal pour les animaux d’élevage.

Grâce au Centre d’innovation du Collège qui l’a aidé à amorcer son projet de recherche, Alex a fondé une entreprise, Ceres Solutions Ltd., qu’il a constituée en société deux mois après avoir commencé ses études.

Ceres Solutions Ltd. porte le nom de la déesse romaine de l’agriculture et est fière de fonctionner d’une manière respectueuse de l’environnement.

« L’écoconscience et le recyclage créatif sont de la plus haute importance pour Ceres, souligne le propriétaire. En valorisant les céréales des brasseurs, nous mettons dans les assiettes des aliments abordables de grande qualité, tout en aidant des brasseurs, des agriculteurs et des éleveurs canadiens. »

Le brassage d’un litre de bière artisanale consomme jusqu’à 20 litres d’eau, et plus des trois quarts des céréales utilisées sont normalement envoyés en décharge. Ceres déploie de grands efforts pour changer la situation.

L’entrepreneur explique : « Les brasseurs peuvent généralement se débarrasser de leurs céréales de trois façons. Ils peuvent chercher un agriculteur disposé à les ramasser pour en faire du fourrage, payer une compagnie de compostage qui les récupérera, ou les jeter aux ordures. Puisque le nombre de brasseries artisanales a beaucoup augmenté depuis quelques années et que nombre d’entre elles sont implantées dans des villes densément peuplées, ces solutions ne sont pratiquement plus accessibles ou sont devenues très coûteuses pour les brasseries des villes. »

Selon des statistiques récemment publiées par le gouvernement du Canada, le traitement des aliments et boissons est le plus gros secteur industriel au pays. Il représente environ 2 % du produit intérieur brut, et les ventes atteignent 112,4 milliards de dollars annuellement. C’est aussi le plus gros employeur de l’industrie : il fait travailler plus de 285 000 personnes.

« L’agroalimentaire est essentiel à notre économie, il va sans dire. Je suis ravi d’appartenir à une industrie qui procure un aliment abordable de grande qualité, produit localement, poursuit M. Villeneuve. Le mieux que l’on puisse faire pour aider l’industrie alimentaire et l’agriculture locales est de s’intéresser à l’origine des aliments et aux méthodes de production et, surtout, de voter avec notre portefeuille. »

Il assure que l’entreprise n’aurait pas vu le jour sans l’appui de la communauté éducative du Collège.

« Les années du programme de maîtres brasseurs au Collège et mes heures de travail au Centre d’innovation ainsi qu’au Centre d’accès à la technologie de production d’animaux d’élevage qui en relèvent ont énormément compté dans la création de la compagnie et dans son évolution à ce jour. Sans les principes que j’y ai appris et l’aide des professeurs, des chercheurs et du personnel de l’exploitation agricole du Collège, le projet n’aurait sans doute jamais dépassé le stade de l’expérience que j’ai tentée au départ dans mon placard, soutient M. Villeneuve. Le collège m’a épaulé à bien des égards pendant la croissance de ma compagnie. On m’a fourni de l’espace d’entreposage et de l’équipement, on m’a donné des conseils d’expert et de la rétroaction sur mon plan d’affaires, on m’a ouvert un laboratoire et on m’a présenté à des organismes de financement et à des représentants. »

En 2016, Alex Villeneuve a remporté l’Alberta Innovates Venture Prize Student Award, soit un prix de 20 000 $ récompensant l’originalité de son concept. L’année suivante, son entreprise a remporté le grand prix Canada 150 in 150 pour sa contribution à l’avenir de l’Alberta et du Canada.

Selon l’heureux propriétaire, l’époque est particulièrement favorable aux étudiants qui veulent exploiter leur esprit d’entreprise et créer une compagnie.

« Les étudiants ont une occasion sans pareille. Avec l’appui de leur école et les possibilités qui y sont offertes, y compris les clubs, les conseils des professeurs, les activités, les conférences, la rétroaction des camarades et les concours, je crois que c’est l’un des meilleurs moments pour créer une entreprise. Aux étudiants entrepreneurs, je conseille de saisir toutes les occasions et de participer à toutes les activités dont ils ont connaissance. Ils doivent aussi considérer les obstacles et les contretemps comme une chance d’innover, et profiter de l’appui que l’école peut leur donner », dit M. Villeneuve. « Je suis ravi de m’être créé un emploi qui réunit toutes mes passions : la bière artisanale, les produits alimentaires locaux et l’agriculture! »

Par Jackie Fritz