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Des technologies pour une énergie propre – Une évolution… toute naturelle

Les changements climatiques, l’épuisement des ressources naturelles et l’inquiétude croissante pour les futures générations sont autant de motifs favorables aux technologies énergétiques propres et durables.

Cette branche stimulante et indispensable du secteur des ressources naturelles englobe la transformation des produits, la prestation de services fondés sur des ressources renouvelables et une énergie durable, et la réduction du gaspillage. Pour Jeff Manser, professeur au programme de techniques en énergies renouvelables du Collège Niagara, « l’environnement y gagne forcément, puisqu’il s’agit de lutter contre les changements climatiques. Pensez aux inquiétudes grandissantes que suscite le climat et au lien apparent entre les changements climatiques et l’exploitation des combustibles fossiles. Voilà pourquoi le secteur des énergies propres doit faire partie intégrante de la solution, et voilà pourquoi il connaîtra sans doute une croissance considérable pendant quelques décennies, le temps que nous trouvions les réponses ».

L’énergie renouvelable est fournie essentiellement par le soleil, le vent, l’eau, la Terre (géothermie) et la biomasse. L’énergie solaire est générée par les rayons du soleil. Pour tirer parti du vent, il faut des éoliennes qui convertissent son énergie cinétique en énergie électrique. L’hydroélectricité est produite par des centrales qui transforment la puissance d’une nappe d’eau déversante en énergie, et la géothermie désigne la chaleur des profondeurs de la Terre. La bioénergie, ou énergie de la biomasse, enfin, vient de matières organiques renouvelables comme le bois, les déchets solides, les cultures et les gaz qui émanent des décharges.

Grâce à de solides liens avec l’industrie, les collèges connaissent les besoins actuels et futurs, et peuvent donc enseigner à leurs étudiants les technologies de pointe en matière d’énergie propre.

Kerly Acosta Hitchcock, P. Eng, directrice du programme de gestion des énergies durables à l’Institut de technologie de Colombie-Britannique (British Columbia Institute of Technology ou BCIT), explique : « Le BCIT prépare ses étudiants en intégrant la viabilité des ressources dans ses programmes et ses cours. Nos programmes d’études en gestion de l’énergie font une large place à ce sujet, tout comme nos formations de fins de semaine, en personne, sur les technologies renouvelables, l’efficacité énergétique des résidences, et notre cours en ligne sur la modélisation de la consommation énergétique. »

Jeff Manser explique la démarche du Collège Niagara, similaire, mais résolument axée sur l’avenir de l’industrie. « Nous nous efforçons de préparer nos étudiants en les aidant à acquérir un ensemble de compétences qui leur permettront de suivre l’évolution de l’environnement. Au lieu de nous en tenir à un aspect de l’énergie renouvelable, nous voulons que nos étudiants comprennent et acquièrent des compétences fondamentales, applicables à divers domaines. Il leur faut notamment avoir de solides capacités analytiques de base. Les choses évoluent constamment, au fil des progrès des technologies et de l’évolution des exigences, et nous tenons à ce que nos étudiants puissent s’adapter et continuer d’apprendre après le collège. »

De fait, étant donné l’attention que suscitent les énergies renouvelables dans le monde, le domaine va continuer d’évoluer et de se diversifier.

Kerly Hitchcock rappelle que « les technologies de l’énergie propre sont partie intégrante du devenir des industries de l’énergie et de l’extraction des ressources. Puisque l’extraction tient une très grande place dans l’économie canadienne, les technologies connexes peuvent aussi contribuer considérablement à notre économie. »

Membre de Mission Innovation au côté d’autres pays, le Canada s’est engagé à rendre les énergies propres plus accessibles et plus abordables à l’échelle mondiale.

Pour s’acquitter de ces obligations et stimuler la participation du secteur privé à la création de technologies adaptées, le gouvernement fédéral a promis entre autres de doubler d’ici cinq ans ses investissements en recherche, développement et démonstration en matière d’énergies propres, ce qui comprend plus de 2,3 milliards $ figurant au budget de 2017. M. Anser précise : « Étant donné le fort potentiel de croissance, il me paraît important d’exploiter le secteur au profit de l’économie et de l’environnement. Si nous faisons du développement ici même, au Canada, les résultats profiteront directement à l’industrie canadienne et à la population en général. Sans compter que les technologies mises au point et les pratiques éprouvées peuvent ensuite être transférées. Notre industrie, nos collèges et nos universités peuvent tous contribuer à ce processus de création. »

L’intérêt croissant envers la durabilité des ressources, les changements climatiques, la déforestation et d’autres enjeux liés à l’environnement à l’échelle planétaire ne peut qu’augmenter les débouchés professionnels en gestion de l’énergie, car les industries vont être plus nombreuses à chercher des moyens de réduire leur empreinte carbone.

« Les gestionnaires de l’énergie vont avoir l’embarras du choix sur le marché du travail, peu importe la réglementation adoptée pour protéger l’environnement. Les ressources naturelles ne sont pas illimitées et le coût de l’énergie va continuer d’augmenter parallèlement à l’augmentation de la population. Les entreprises qui ne peuvent fonctionner sans énergie vont être à la recherche de procédés écoénergétiques. »

Dans le secteur des énergies renouvelables, entre autres, les postes ne manquent pas pour les gens dotés des compétences pertinentes.

« Vous devez aimer résoudre des problèmes, voyager et apprendre, puisque les besoins et les technologies évoluent rapidement, prévient Jeff Manser. C’est un secteur où l’emploi est très varié. Les étudiants qui ont de solides de bases en mathématiques et une bonne capacité d’analyse – ce sont des impératifs – vont pouvoir appliquer leurs compétences techniques dans un secteur en croissance et contribuer à l’amélioration de l’environnement. Si l’idée d’une carrière stimulante et gratifiante vous intéresse, c’est un domaine à envisager. »

Les diplômés des programmes d’études en gestion de l’énergie sont très recherchés dans des secteurs comme les mines, la production et le stockage d’énergie, la fabrication de bioproduits industriels, la conservation, les ressources naturelles, l’agriculture et beaucoup d’autres. En fait, la plupart des industries et des entreprises font de la protection de l’environnement un volet de plus en plus important de leur culture, ce qui fait augmenter rapidement les occasions d’emploi.

Les étudiants qui pensent choisir un programme du genre pourront faire une longue carrière dans un domaine où leur apport à l’environnement et à l’économie du Canada sera particulièrement significatif. Le dernier mot à Kerry Hitchcock : « Les technologies liées à l’énergie propre réduisent l’incidence de phénomènes nuisibles comme les gaz à effet de serre et la hausse des températures, et fournissent des moyens d’adaptation aux changements climatiques tout en ouvrant des débouchés professionnels très intéressants. »

Par Sharon Frank