CIC 2019 French Articles

Le codage, cette autre langue seconde

L’apprentissage d’une langue étrangère est souvent une expérience des plus gratifiantes : vous pouvez en effet communiquer avec un tout nouveau groupe de personnes et un monde nouveau s’ouvre à vous.

Alors, quelle langue aimeriez-vous apprendre? L’anglais? L’espagnol? L’allemand? L’ordinateur?

Pardon… l’ordinateur?

La langue de l’ordinateur, appelée codage, sert à créer des logiciels, des sites Web et des applications. Et elle devient rapidement l’une des formes de communication les plus utiles.

Kerri Anderson, travailleuse autonome installée à Edmonton, en Alberta, est spécialiste du codage. Elle explique : « L’ordinateur ne comprend pas nos mots. Pour lui, il faut dire “actif” ou “inactif”; aussi le code binaire est-il constitué des chiffres 1 et 0, soit actif et inactif. L’assemblage de ces chiffres en diverses combinaisons crée les commandes qui font fonctionner les navigateurs, les pages Web, les téléphones intelligents et à peu près tout ce qui est contrôlé par ordinateur. C’est dire que le codage a pénétré tous les aspects de notre vie ou presque. »

Le codage est désormais enseigné au primaire. De fait, il nous suffirait pour la plupart d’une connaissance de base pour rédiger un blogue et créer ou modifier un site Web à usage personnel.

Toutefois, pour devenir ingénieur en logiciels, concepteur de sites Web, développeur d’applications pour appareils mobiles ou expert en mégadonnées, il faut, en premier lieu, une solide formation.

Le collège est l’endroit idéal pour apprendre le codage. Les professeurs sont en général des professionnels chevronnés, issus de l’industrie, directement en prise avec les dernières tendances et les technologies les plus pointues, grâce à leurs liens uniques avec les entreprises et les collèges locaux.

« Vous pouvez bien entendu apprendre à coder par vous-même et vous serez en mesure de faire un peu de programmation de base, mais si vous comptez travailler dans ce domaine, les services de recrutement vous demanderont un diplôme d’un établissement de bonne réputation », observe Mme Anderson.

Les codeurs en herbe apprennent une gamme de langages, comme JavaScript, Python, Visual Basic, Ruby et beaucoup d’autres. Les codes informatiques commandent tout, de la voiture au thermostat en passant par les feux de circulation et la machine à laver. Ils nous aident à gérer des bases de données et à faire tourner des logiciels en tout genre. Outre leur passion pour l’informatique, les codeurs peuvent nourrir leur goût pour d’autres champs d’intérêt : ils sont très courus, en effet, dans des domaines comme les soins de santé, le commerce, le gouvernement, l’intelligence artificielle, les finances, l’éducation et l’agriculture. Pour n’en nommer que quelques-uns.

Les codeurs travaillent souvent comme ingénieurs en logiciels ou concepteurs d’applications pour ordinateurs et autres appareils électroniques. Parmi les premiers, beaucoup sont recrutés par des éditeurs de logiciels et des sociétés de conception de systèmes informatiques. Certains deviennent développeurs Web. Les développeurs d’applications frontales – ou intégrateurs Web – créent des contenus clairs et concis, formatent les hyperliens sortants et veillent à ce que les sites Web soient opérationnels et conviviaux. Les intégrateurs sont généralement d’excellents concepteurs d’applications mobiles, dont la tâche consiste notamment à faire en sorte que tout le contenu s’affiche correctement sur divers fureteurs. Quant aux développeurs d’applications dorsales, ils sont responsables de la rédaction du code et des programmes destinés aux serveurs, aux bases de données et aux applications. Enfin, il y a des développeurs généralistes, capables de manipuler les applications frontales et dorsales des sites Web.

Les spécialistes des mégadonnées marquent aussi de leur empreinte l’industrie du codage. Statisticiens, ingénieurs informaticiens et codeurs tout à la fois, ils balisent les bases de données afin de prévoir les tendances de l’industrie. Capables de traduire des quantités massives de données en informations utiles, ils sont de plus en plus précieux dans le monde des affaires actuel.

Les développeurs d’applications mobiles conçoivent, comme leur nom l’indique, des applications pour téléphones intelligents et autres appareils dotés des plateformes Android, Apple ou Windows. Considérant notre dépendance envers le téléphone mobile, le secteur est prometteur pour les codeurs.

« Un codeur est une personne très logique; aucun détail ne lui échappe. Il a besoin d’une grande patience car, croyez-moi, jour après jour, il arrive que vous écriviez quelques lignes infaillibles… qui ne fonctionnent pas », prévient Kerri Anderson. Et puis vous comprenez votre erreur, vous corrigez et votre dur labeur prend toute sa valeur! »

Selon le recensement effectué par le gouvernement du Canada, le revenu annuel net moyen des ingénieurs en logiciels et des concepteurs de logiciels était d’environ 69 000 $ en 2016, contre 42 000 $ pour les concepteurs et développeurs de sites Web.

Le codage évolue sans cesse; aussi, un codeur polyvalent sera toujours très recherché, dans une gamme très diverse de secteurs.

Par Sharon Fredericks