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Un choix naturel

Le secteur des ressources naturelles : une variété propice à la diversité professionnelle

Avec une masse continentale de 9 984 millions de kilomètres carrés, le Canada est deuxième au monde en superficie. Sur ce vaste territoire abondent les ressources naturelles, qui sont à la fois source de revenus commerciaux, ainsi que d’énergie et de matériaux dont nous avons grandement besoin.

En 2017, les ressources naturelles ont représenté 47 % du total des biens exportés, estimé à 236 milliards $ approximativement. Le secteur fait travailler environ 1,82 million de Canadiens.

Becca Chettleborough, TFT, FTELP, est technicienne en sylviculture en Colombie-Britannique. « Les ressources naturelles offrent tout un champ de possibilités, dit-elle. Je doutais un peu de trouver un emploi que je voudrais garder toute la vie, parce que mes champs d’intérêt sont très divers. Ce qui est formidable avec les ressources naturelles, c’est justement que l’expérience acquise dans un domaine peut servir dans un autre. Si vous travaillez en foresterie pendant cinq ans et décidez de vous réorienter (en restauration écologique, par exemple), l’expérience acquise vous permet de répondre aux critères de ce nouvel emploi. »

Le secteur des ressources naturelles est principalement associé à trois grandes industries : sources et distribution d’énergie, foresterie et exploitation forestière, mines.

Le Canada est riche en sources d’énergie : pétrole, gaz naturel, combustibles fossiles et carburants de remplacement, uranium (nucléaire) et énergies renouvelables, y compris soleil, vent, eau, géothermie et biomasse.

Notre pays se classe au cinquième rang des producteurs de pétrole et de gaz naturel et au troisième rang des réserves de pétrole mesurées. Le secteur offre de nombreux types d’emplois, depuis l’accrocheur sur les plateformes de forage jusqu’à l’arpenteur-géomètre et à l’ingénieur. À cela s’ajoute tout un éventail d’emplois de soutien comme conducteur, employé de bureau ou mécanicien.

Compte tenu de l’épuisement rapide des réserves de combustibles fossiles, le monde se tourne vers les carburants de remplacement, soit le propane, le biodiésel, les piles électrochimiques et les piles à combustible, les huiles végétales, etc. L’industrie se convertit peu à peu, ce qui alimente la demande croissante en main-d’œuvre qualifiée. Et pour répondre à cette demande, les collèges de tout le pays diversifient leurs programmes.

Le Canada est le deuxième producteur d’uranium au monde, une industrie de 1,2 milliard $ par année qui emploie directement plus de 3000 personnes, notamment pour l’extraction et le traitement en vue de la production d’énergie électrique par réaction nucléaire.

Les emplois possibles englobent la prospection et le carottage, l’aménagement des sites d’exploitation, la construction et l’exploitation, la recherche scientifique, l’évaluation environnementale et la protection de l’environnement en plus de postes administratifs et d’emplois de soutien.

Becca Chettleborough raconte : « Dès la fin du secondaire, j’ai travaillé dans un bureau, mais j’ai compris que je ne voulais pas y passer tous les jours de ma vie professionnelle. Le secteur des ressources naturelles offre tellement de possibilités! Je voulais contribuer à la protection de l’environnement. C’est un volet qui a toujours eu de l’importance pour moi. »

L’énergie renouvelable est issue de processus naturels qui consomment les ressources moins vite que celles-ci se renouvellent. L’énergie solaire et éolienne, le chauffage géothermique par la chaleur en réserve loin sous la surface du sol, l’énergie hydroélectrique produite par des barrages en rivière, le biogaz et les biocombustibles liquides en sont autant d’exemples. Le biogaz comprend le méthane dérivé des déjections animales et autres matières organiques digérées, les biocombustibles liquides contiennent souvent de l’éthanol fabriqué avec du maïs, et le biodiésel vient de gras animal et d’huile végétale. On fabrique même un diésel respectueux de l’environnement à partir d’algues et d’autres plantes. Les progrès technologiques continus permettent d’optimiser ces ressources naturelles.

Jeff Manser, professeur au programme de techniques en énergies renouvelables du Collège Niagara, commente : « Il y a dix ans ou à peu près, le secteur naissait à peine et nécessitait beaucoup de financement, mais il est maintenant très viable d’un point de vue économique. Les perspectives semblent plutôt bonnes : le coût des systèmes continue de baisser et la technologie devient elle aussi de plus en plus concurrentielle. Le secteur a un énorme potentiel de croissance en raison d’un grand besoin de solutions énergétiques propres. »

Les énergies renouvelables représentent actuellement 18,9 % de l’approvisionnement total en énergie au Canada. Nous sommes d’ailleurs un exemple pour le reste du monde par notre production et notre utilisation d’énergie de sources renouvelables. Sans compter que les possibilités de carrière sont en croissance grâce à la création de technologies de plus en plus perfectionnées et à la mise au point de nouveaux procédés qui facilitent l’emploi de matériaux respectueux de l’environnement.

« Nous voyons nos diplômés s’épanouir dans des carrières très variées. Certains travaillent en fabrication et en construction dans le solaire et l’éolien, d’autres sont spécialisés dans l’entretien des turbines et des pales », rapporte Kerly Acosta Hitchcock, P. Eng, directrice du programme de gestion des énergies durables à l’Institut de technologie de Colombie-Britannique (British Columbia Institute of Technology ou BCIT). Elle poursuit : « Nous en avons aussi en vérification des bilans énergétiques, dans la vente de systèmes photovoltaïques et même en prospection de clientèle. »

Quant à l’industrie forestière canadienne, elle emploie plus de 200 000 personnes, génère plus de 1,4 milliard $ de revenus et représente 7,2 % du total des exportations du pays. Le secteur repose principalement sur le bois d’œuvre et autres produits de bois massif ainsi que sur les pâtes et papiers.

Quelles sont les possibilités d’emploi? Biologistes, chercheurs, bûcherons, ingénieurs, arboriculteurs, spécialistes en aménagement du territoire, arpenteurs-géomètres, planteurs d’arbres, monteurs-ajusteurs, estimateurs de bois, experts forestiers et techniciens en foresterie.

« Travailler en foresterie, explique la technicienne Becca Chettleborough, c’est résoudre les problèmes actuels en fonction de l’avenir. La formation que j’ai suivie au Collège m’a très bien préparée au marché du travail parce qu’elle était tout à fait en phase avec les exigences de l’industrie envers des diplômés de récente date. La théorie et la pratique se sont révélées très utiles. »

Enfin, le Canada figure parmi les cinq principaux producteurs de plus de 60 métaux et minéraux. L’industrie minière emploie des centaines de milliers de Canadiens et fournit aux marchés mondiaux des matières premières comme la potasse, l’aluminium, le nickel, le platine, l’or, les diamants, le titane, le soufre et plus encore. L’exportation des métaux et des minéraux a apporté plus de 97 milliards $ à l’économie en 2017, soit 9,9 % de plus que l’année précédente.

Selon Larry Fisher, directeur général de ProCon Mining and Tunneling, une entreprise de Saskatoon, en Saskatchewan, « l’industrie minière tient une grande place dans l’économie canadienne parce qu’elle emploie des centaines de milliers de personnes directement ou indirectement. Elle fournit d’autres industries en matières premières à coût moindre, et en vertu d’une production éthique, ce qui n’est pas le cas dans d’autres régions du monde. L’exploitation doit être respectueuse de l’environnement parce que les générations qui nous suivent vont avoir besoin des mêmes ressources, mais en quantité supérieure à ce que nous utilisons aujourd’hui. »

Les emplois du secteur minier sont les plus rémunérateurs. Les salaires y sont supérieurs à la moyenne de ceux des travailleurs en foresterie, en fabrication, en finances et en construction.

Ainsi, le salaire annuel des mineurs au Canada peut dépasser 110 000 $ par an, et celui des superviseurs peut même être supérieur. Les emplois sont en majeure partie des postes de conducteurs d’équipement, d’ingénieurs, de travailleurs de la construction et de spécialiste de la prospection minière, sans oublier la transformation et les activités opérationnelles. Becca Chettleborough offre un conseil : « Si vous envisagez le secteur des ressources naturelles, demandez à observer un travailleur sur place au préalable ou trouvez un programme de jumelage dans la mesure du possible. En effet, beaucoup d’étudiants sont surpris par les exigences physiques du travail. Du reste, le secteur offre une grande diversité d’emplois. Informez-vous pour trouver celui qui répond le mieux à vos champs d’intérêt. Les carrières de ce secteur sont intéressantes et peuvent être très gratifiantes. Elles sont aussi très bonnes pour l’équilibre. »

Par Jackie Fritz