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Histoire d’un diplômé : Alexandria O’Toole

Une carrière dans les services sociaux est un choix gratifiant pour les personnes qui souhaitent aider les autres et changer les choses dans leur communauté.

Alexandria O’Toole est coordonnatrice régionale d’une agence qui offre des programmes communautaires pour prévenir la violence familiale.

« L’organisme où je travaille s’occupe de la violence familiale chez les Premières Nations du Manitoba et fait aussi de la sensibilisation et de la prévention dans ce domaine. Nous offrons plusieurs initiatives pour prévenir la violence familiale et aussi intervenir et aider en cas de crise, explique-t-elle. Il n’est pas toujours facile, pour les personnes qui vivent une crise de santé mentale ou de violence familiale dans une communauté rurale, isolée ou en région éloignée, d’accéder à des services et des ressources qui peuvent les aider. Notre organisme donne accès en tout temps à des thérapeutes en santé mentale qui viennent de la région, qui connaissent et respectent la culture et les traditions de la communauté, et qui parlent sa langue. » 

L’isolement et le manque d’infrastructures peuvent contribuer à des problèmes particuliers touchant un grand nombre de populations autochtones.

Selon Statistique Canada, les femmes des Premières Nations (42 %) et métisses (46 %) sont environ deux fois plus susceptibles que les femmes non autochtones (22 %) d’être agressées physiquement par un partenaire intime au cours de leur vie. Environ le tiers des femmes inuites (34 %) disent avoir déjà vécu ce type de violence.

« Il est frustrant d’entendre et de voir les difficultés que les gens et les communautés que nous servons doivent traverser. J’ai conscience que je ne peux pas tout régler à moi seule, mais j’aimerais pouvoir en faire plus et voir des résultats sur-le-champ », dit Alexandria.

En tant que diplômée du programme de counselling auprès des Autochtones et des peuples du Nord offert par le University College of the North au Manitoba, Alexandria aide à changer les choses. Ses cours, qui portaient par exemple sur les pensionnats autochtones et le parcours vers la guérison, les enseignements des aînés en langues autochtones, l’intimidation à l’école, la prévention du suicide et les interventions, et le travail avec les groupes et les familles, l’ont préparée à réagir aux crises dans les communautés nordiques de façon professionnelle et culturellement appropriée.

Ce programme d’étude est spécifiquement adapté aux peuples autochtones et du Nord. Tous les cours reflètent le mode de vie autochtone et nordique. Sur le plan théorique, les étudiants et étudiantes apprennent aussi la thérapie cognitivo-comportementale ainsi que le counselling basé sur les forces et axé sur les solutions.

Pour obtenir son diplôme, il faut suivre dix cours obligatoires et deux cours au choix, puis faire un stage final de quatre semaines.

« J’adore apprendre! s’exclame Alexandria. J’ai trouvé les lectures et les vidéos intéressantes. J’ai aimé nos discussions de groupe. L’approche est vraiment interdisciplinaire, parce que toutes les personnes inscrites au programme viennent de différents domaines et milieux. Surtout, les enseignements ancrés dans le territoire et culturellement appropriés que nous avons reçus jusqu’à maintenant sont inégalables […] Tous mes cours m’ont plu à date. »

« Dans un cours, nous nous sommes rendus sur le territoire et avons appris l’histoire d’un pensionnat qui avait existé dans le coin. Nous avons écouté des aînés et des gardiens du savoir de la communauté, pratiqué des enseignements traditionnels et culturels, et terminé la journée en beauté par un festin. »

Alexandria s’est inscrite à ce programme en raison de sa pertinence par rapport à son domaine de travail et à ses projets de carrière. Elle souhaite en effet s’établir à son compte et terminer sa maîtrise en travail social.

En travaillant dans le domaine des services sociaux, Alexandria a découvert qu’elle apprécie tout particulièrement la possibilité d’aider les gens, souvent aux moments où ils en ont le plus besoin, tout en élargissant ses horizons.

« J’aime travailler avec les différentes communautés des Premières Nations de la province, et apprendre à connaître les gens que je rencontre. Avant la pandémie, le travail nous a amenés à différents endroits dans la province et le pays, une expérience qui m’a ouvert l’esprit et a enrichi ma vie », dit-elle.

Dans de nombreuses communautés autochtones, les jeunes sont aussi affectés par l’éloignement et le manque de services sociaux. Alexandria aime tout particulièrement travailler avec cette clientèle.

« Travailler avec les jeunes et leur donner des exemples positifs, être un modèle et un mentor, travailler avec de jeunes adultes sans emploi et désabusés envers l’avenir… L’objectif est de nourrir leur confiance, leur estime d’eux-mêmes, et de les mettre en contact avec des ressources et des occasions qui les intéressent. Six à douze mois plus tard, ils se cherchent une université, ils ont un emploi dans la communauté et ils sont enthousiasmes face à l’avenir. »

Comment ses études postsecondaires ont-elles préparé Alexandria à un emploi dans le « vrai » monde?

« En nous encourageant à établir de premiers contacts avec les communautés et les organismes avec/pour qui nous voulions travailler afin que nous puissions bâtir de bonnes relations de travail et un lien avec des personnes clés. Au fil des mois, nous avons discuté de différents sujets pertinents, dont l’actualité, pour former une perspective réfléchie et équilibrée sur les événements. Nous avons entendu des témoignages de première main de travailleurs de première ligne et de futurs clients potentiels. Enfin, nous avons acquis des compétences pratiques, comme l’utilisation de certains programmes en ligne, des techniques pour mieux gérer notre charge de travail, etc. », répond Alexandria.

Le programme de counselling auprès des Autochtones et des peuples du Nord mène à de nombreux débouchés.

« Les compétences acquises dans ce programme peuvent être appliquées à une panoplie d’emplois, surtout dans le domaine des services sociaux, explique Alexandria. À mesure que le tabou touchant la santé mentale se dissipe, la demande pour des services de counselling devrait augmenter, et nous aurons besoin de nombreux conseillers et conseillères bien formés, respectueux des cultures et au courant des nombreux préjudices et traumatismes subis par les habitants du territoire. »

Par : Jackie Fritz

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