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Aider les élèves à surmonter cinq difficultés courantes: Des stratégies pour les intervenants et intervenantes scolaires

Pression à la conformité

Lorsqu’un élève qui subit de la pression à la conformité vient en parler à son intervenant scolaire, c’est un signe qu’il ne veut pas faire ce que les autres semblent attendre de lui, soit parce qu’il est mal à l’aise, soit parce qu’il pourrait s’attirer des ennuis. C’est aussi un signe qu’il a peur du coût social — surtout l’exclusion et le rejet — associé au fait de dire non. Voici quelques suggestions que les intervenants scolaires peuvent faire à leurs élèves :  

Encourager les élèves à : 

  • Dire NON de façon claire et assurée.
  • Se retirer de la situation. 
  • Refuser poliment de s’exécuter. 
  • Expliquer les raisons de leur refus.
  • Se trouver une excuse
  • Suggérer une autre activité
  • Trouver un allié qui partage leur refus de ne pas participer.
  • Utiliser l’humour pour changer de sujet et détourner l’attention de ce qu’on leur demande.
  • Ignorer ce qu’on leur demande et changer de sujet. 
  • Réitérer leur point de vue s’ils se font harceler. Expliquer très clairement qu’ils ne feront pas ce qui leur est demandé.

Ces stratégies, employées seules ou en association, peuvent aider les élèves à résister à la pression à la conformité qui risque de les entraîner dans une mauvaise voie. 

L’image corporelle

Beaucoup d’élèves ont des problèmes d’image corporelle. Voici quelques stratégies pour combattre la perception négative de l’apparence : 

  • Pratiquer l’introspection. Demandez à l’élève de réfléchir à son idée du corps idéal. Cet idéal lui vient-il de sa famille, de ses amis, des médias, des médias sociaux? En comprenant comment ces influences façonnent ses perceptions, l’élève sera mieux à même d’affronter la question de l’image corporelle.
  • Prendre conscience de ses biais inconscients. Est-ce que l’élève entretient des préjugés pro-minceur et grossophobes? La minceur équivaut-elle dans son esprit à la réussite et l’embonpoint, à l’échec? En prenant conscience de ses préjugés pour ou contre certaines choses ou personnes, l’élève arrivera mieux à composer avec le dilemme de l’image corporelle. 
  • Changer de perspective. Encouragez les jeunes à faire de l’exercice et à se nourrir sainement. Expliquez-leur que l’estime de soi ne dépend pas de la forme ou de la grosseur de leur corps. Amenez-les à mettre l’accent sur leurs talents, leur savoir-faire et leurs champs d’intérêt plutôt que sur leur apparence.

Les intervenants scolaires peuvent aussi puiser dans les nombreuses ressources disponibles. Une simple recherche en ligne fournira une tonne d’information.

L’intimidation

En plus de répondre rapidement aux appels à l’aide des victimes, les intervenants scolaires peuvent montrer leur appui à la lutte contre l’intimidation en participant à l’organisation de la Journée du chandail rose (dernier mercredi de février chaque année) et en faisant la promotion des différentes campagnes anti-intimidation tout au long de l’année scolaire. Les élèves verront ainsi que leurs intervenants sont prêts à mener la lutte contre ce problème. On dit que les campagnes d’information sur l’intimidation seraient responsables d’une diminution de 20 % du nombre d’incidents dans les écoles du pays. 

Sur le plan personnel, les intervenants scolaires peuvent aider les victimes en combattant les idées fausses associées à l’intimidation (p. ex. il suffit de se défendre/de répliquer/de ne pas leur donner d’attention pour arrêter les intimidateurs). La victime d’intimidation qui se retrouve dans le bureau de l’intervenant scolaire pour en parler a déjà tout fait pour s’en sortir sans aide, soit en se défendant, en répliquant ou en feignant l’indifférence. L’élève s’est peut-être même mis dans la tête qu’endurer ces tourments était bon pour le caractère. Les intervenants doivent veiller à ne pas perpétuer les idées fausses liées à l’intimidation (qui tendent à mettre la responsabilité sur les épaules de la victime) et à agir concrètement et avec compassion pour aider l’élève. 

Consommation/abus d’alcool et d’autres drogues

Les intervenants scolaires doivent être à l’affût des signes laissant présager une consommation ou un abus d’alcool et d’autres drogues : 

  • absences plus fréquentes de l’école;
  • désintérêt pour les études;
  • sautes d’humeur plus fréquentes;
  • fatigue ou détachement apparents en classe;
  • fréquentation d’un nouveau groupe d’amis.

Ces signes avant-coureurs sont souvent signalés aux intervenants scolaires par les parents et les enseignants, ce qui aboutit à un rendez-vous avec l’élève. Si la consommation d’alcool ou de drogues est responsable du changement de comportement, les intervenants peuvent expliquer calmement et rationnellement (sans faire de sermon!) les dangers liés à cette consommation. Après avoir eu une bonne discussion avec l’élève, il est possible d’appliquer une méthode de réduction des méfaits. Pour en savoir plus à ce sujet, voir le site Web de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM), au ontario.cmha.ca/harm-reduction. Si un intervenant estime que la situation ou toute autre question va au-delà de ses compétences, la consultation de l’équipe professionnelle de l’école est recommandée et encouragée.

Angoisse existentielle et dépression 

Dans les cas d’angoisse existentielle ou de dépression légère, écouter attentivement les élèves parler de ce qui les préoccupe est déjà d’une grande aide. L’écoute fait beaucoup de bien et peut certainement aider les élèves à relever les défis qui s’offrent à eux. Les intervenants scolaires peuvent aussi leur recommander les stratégies suivantes, dont les bienfaits sur le moral sont reconnus :

  • faire régulièrement de l’exercice;
  • manger sainement;
  • dormir suffisamment; 
  • côtoyer des amis. 

Ces suggestions semblent raisonnables sur papier, mais il n’est pas toujours évident de convaincre une personne déprimée de les essayer. C’est là que les compétences de l’intervenant seront mises à l’épreuve. S’il peut amener l’élève à adopter ne serait-ce qu’une de ces stratégies, l’angoisse existentielle ou la dépression légère pourront commencer à guérir.

S’il s’agit d’une dépression majeure, la consultation des parents et fournisseurs de soins, des professionnels de l’école (travailleur social, travailleur auprès des enfants et des jeunes, direction) ou de professionnels externes est absolument essentielle. Le but est de donner les meilleurs soins possibles à l’élève. Dans les cas les plus graves, une approche collective sera sans doute indiquée. 

Par: Sean Dolan

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